La qualité sociale concerne le travail, la qualité de vie, le sens (l'utilité), et l'équité des échanges. 

C'est une qualité liée aux modes de production  et de commercialisation.
L'impact social joue au niveau régional. Mais en raison de la mondialisation de l'économie, des conséquences sociales redoutables peuvent avoir lieu dans d'autres pays et dans d'autres continents.
Il n'y a pas de développement durable sans justice et solidarité.

Impact social de l'élevage industriel mondialisé Qualité sociale chez nous Eleveurs et animaux : partager le bien-être


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Impact social de l'élevage industriel mondialisé   
Les questions concernant l'impact social doivent aussi être posées dans d'autres pays et continents:
  • qui produisent les aliments que nous importons (qu'il s'agisse de soja ou de poulets...),
  • qui importent des produits moins chers que ceux produits sur place, au risque d'entraîner la faillite des éleveurs locaux,
  • qui perdent les productions vivrières et familiales en raison du développement de l'élevage industriel voire de ses problèmes sanitaires (grippe aviaire au Vietnam...)
  • mais qui veulent retirer certains  avantages économiques de l'exportation ce qui  justifie une analyse rigoureuse
A QUI profitent les exportations ? Qui en subit toutes les conséquences?

Quel est le bilan social de la mainmise des multinationales sur les activités d'élevage ?

Des informations à ne pas manquer :

Le CCFD (Comité catholique contre la faim)  avec
 "Le soja contre la vie"
http://www.sojacontrelavie.org/


Greepeace: l'arrivée du soja OGM chez Cargill à Brest
http://www.greenpeace.org/france/news/quelques-jours-avant-l-amiante


GRAIN :  Grippe aviaire: une réponse mondiale imposée d'en haut
"....sous prétexte de sauver le monde d'une crise sanitaire. L'ironie est que la solution proposée – une réorientation totale vers un élevage industriel - nous ramène directement à l'origine du problème."
"Nous vivons en situation de pauvreté sans aucune infrastructure de base et personne ne se soucie de nos problèmes. Et tout d'un coup, une foule d'équipes de télévision, de médias et de médecins portant des masques chirurgicaux parcourent nos rues crasseuses pour recueillir plus de statistiques. Nos poulets représentaient notre unique source de revenus et maintenant, même ça ils l'ont détruit. Est-ce que c'est cela qu'on appelle gouverner?"
-- Ganesh Sonar, petit agriculteur, Navapur, Maharashtra, Inde
http://grain.org/articles/?id=15
http://www.grain.org/briefings/?id=195
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   Qualité sociale chez nous  

Voici des critères de qualité sociale. Sur un certain nombre parmi eux, des progrès sérieux sont acquis ou en route.
D'autres aspects deviennent de plus en plus angoissants.
Décidément, il y a des responsabilités à partager.  La société ne peut pas faire valoir des attentes envers les agriculteurs sans donner  un juste retour. Que ce soit sous forme de subventions ou d'un prix juste payé pour l'alimentation, n'est sans doute pas très important. C'est le résultat qui compte.

Les conditions de travail de l'éleveur :

  • est-ce que les bâtiments et équipements sont adaptés (p.ex. faciles à nettoyer) ?
  • est-ce que l'ambiance est saine (lumière, pas de poussière, pas d'odeur d'ammoniac, peu de bruit) ?
  • est-ce que le rythme de travail est humain et permet d'observer  les animaux, de leur parler, les caresser ?
  • est-ce que l'éleveur a du temps de loisirs et des vacances ?

La rémunération :

  • est-ce qu'elle permet un niveau de vie décent ?
  • est-ce qu'elle valorise des prestations d'intérêt général (environnement, social, bien-être animal) ?
  • est-ce qu'elle est assurée dans la durée, de manière à permettre d'investir et de prévoir, et de ne pas être angoissé face à l'avenir ?
  • est-ce que l'éleveur a une certaine autonomie par rapport aux organismes financiers, des filières, des producteurs d'aliment, et peut-il décider lui-même de ses choix et de son avenir ?

L'emploi et le tissu social :

  • combien d'emplois y -a-t-il (par rapport à la production) ?
  • y a-t-il un enrichissement de la vie économique et sociale locale ?
  • y a-t-il une contribution à l'attractivité du milieu rural ?

L'utilité sociale de la production :

  • est-ce que la production répond à un réel besoin de nourrir sainement les hommes ? (pas de production de masse, surproduction, et destruction des exploitations moins 'compétitives')
  • est-ce qu'elle répond aux attentes et demandes de la société (en matière de santé, environnement, bien-être animal, emplois) ?
  • est-ce que la production est cohérente avec l'objectif fondamental qui est celui du droit des peuples de produire eux-mêmes leur nourriture, plutôt que de subir des importations au détriment de la production locale ?

La transparence, du producteur au consommateur :

  • y a-t-il une information honnête et loyale sur les conditions d'élevage ?
  • y a-t-il une transparence des prix et des marges ?
  • est-ce qu'on met fin à l'arnaque par une segmentation du marché où les produits 'maltraitance' bénéficient de marges quasi nulles ('premier prix')  alors que les produits respectueux du bien-être animal sont pénalisés par des marges élevées ('haut de gamme') - les dernières devant compenser les premières afin d'assurer le chiffre du distributeur ?
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   Eleveurs et animaux : partager le bien-être  

Les mutations de l'agriculture européenne: des restructurations voulues  

Chez nous, la politique agricole a délibérément supprimé les emplois agricoles, tout en prétendant de vouloir installer des jeunes.
La Commission Européenne, avec le Conseil des Ministres, veut une agriculture plus compétitive, ce qui signifie des exploitations plus grandes, et une productivité en augmentation,  par hectare, par unité de travail humain, et par animal.  

La propagande oppose bien-être animal et bien-être humain
Il existe tout un discours professionnel qui divulgue l'idée que c'est grâce à un élevage de masse automatisé  que l'éleveur accède à la qualité de vie.

Il est tragique que tant d'éleveurs y croient et intériorisent ce genre de discours. "Toujours plus, toujours plus vite" devient alors une démarche d'excellence pour eux, dont ils sont fiers.  On ne s'arrête pas sur toutes les exploitations qui disparaissent  en raison de ce système !

Or le conseil technique est construit et divulgué sous l'impulsion des grandes firmes qui vendent  les bâtiments et équipements d'élevage, l'aliment, la pharmacopée de l'éleveur. L'industrie de l'amont  s'allie à l'industrie de l'aval pour  faire ses profits au nom de la sacro-sainte "compétitivité". Faut-il en être fier ?

Le manque de bien-être des éleveurs n'est pas dû à un excès de bien-être animal ! Bien au contaire. Hommes ou animaux - les mêmes causes ont les mêmes effets.

Les agriculteurs  veulent avoir des conditions de travail "comme tout le monde", physiquement moins dures. Ainsi les maisiculteurs peuvent  travailler assis (dans le tracteur) plutôt que physiquement, et dans une cabine climatisée plutôt que sous la canicule.  

Les éleveurs aussi  veulent vivre "comme tout le monde", avec des loisirs et des vacances.  Ils veulent gagner leur vie "comme tout le monde",  et avoir une lisibilité pour leur avenir économique.  

C'est légitime.  Cependant, en voyant les maisons d'habitation des agriculteurs se construire à côté des hangars agricoles, on peut en déduire que leurs propriétaires ne s'en sortent pas si mal...  Il semble qu'un "chef d'entreprise" agricole gagne 30 %  de moins qu'un autre chef d'entreprise. Tout est relatif  !!!  

Mais un véritable éleveur dépendra toujours du rythme de vie de ses animaux - tout comme le travail d'une mère de famille dépend du rythme de ses enfants. Tant que ses animaux ont  une certaine liberté de bouger et de se déplacer, l'éleveur doit gérer et négocier ces déplacements avec eux.  Il est  face au vivant, et à la sensibilité. C'est à la fois la dignité et l'exigence du métier d'éleveur.

Aujourd'hui on choisit son métier.
On n'élève pas des animaux comme on cultive du maïs ou des betteraves.

Partager le bien-être ?

Donner du temps aux animaux? 

Pour eux - pas seulement pour le profit?

Respirer,  sans se stresser, sans les stresser?

Réduire le temps de travail est assimilé à du gain de productivité et  à du gain  en qualité de vie.  C'est vrai.
Mais la vérité est pire : gagner la moindre avance dans la course au moindre coût devient une affaire de survie économique.  Dans le système industriel mondialisé.

On s'enfonce consciemment dans le gouffre , ou on essaie d'en ressortir (sans garantie d'y réussir) ?

N'y a-t-il pas une autre voie ?

Faire bénéficier les animaux de la plus-value réalisée ?

Etre généreux  ou radin ?

Jouer le confort animal contre la facilité du travail ?

Mais pourquoi pas se bousculer les méninges et travailler à réunir les deux?

Devenir ingénueux ou  rester buté ?


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