Les contrôles : où mèneront-ils ?
Il y a aujourd'hui une inflation de cahiers des charges et de contrôles. 
Ils coûtent cher, mais on ne peut plus s'en passer.
Sont-ils toujours crédibles ?
Ce n'est pas l'accumulation des audits qui rendra l'agriculture durable et éthique!
Il serait important de contrôler des critères significatifs de bien-être animal.

Contrôle et industrie contrôler le bien-être questionner les contrôles
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Le "contrôle-qualité" fait partie des procédés industriels. 

L'industrie agro-alimentaire développe de plus en plus des schémas d'assurance qualité. Cela apporte en effet un certain nombre de garanties, notamment au niveau de la sécurité alimentaire, et une régularité de la qualité.  C'est important pour le référencement en grande distribution. Le distributeur veut se protéger. 

Les contrôles sont coûteux, et sur de gros volumes ce coût pèse moins que sur des petits. Le coût d'une journée d'ingénieur est le même, qu'il contrôle  1 000 fromages ou 100 000,  2 000 poules ou 200 000.
Il y a là une distorsion de concurrence insupportable pour les petits producteurs et un avantage injuste pour les très grands.

Les négligences et les dérives plus ou moins mafieuses ne disparaissent pas pour autant. Il n'y a qu'à voir  le scandale des viandes avariées en Bavière.  Et comment se fait-il que même dans des abattoirs "ultra-contrôlés"  en tout-traçabilité, il puisse arriver qu'un éleveur qui a envoyé une bête, ne réussisse pas à récupérer soit les abats, soit même la carcasse, de son animal ?

Il n'y a pas le choix. Les contrôles sont chers et pénibles, mais nécessaires.

Mais comment se fait-il que cette prolifération de contrôles très coûteux s'impose aussi facilement... alors que le moindre centime dépensé pour le bien-être animal semble être de trop ? 
Hypothèse : le consommateur a le droit de payer, si l'argent va là où il doit aller (pas chez le paysan). Vrai ou faux ?

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Contrôler le bien-être animal : une nécessité

Les contrôles devront être crédibles, par la compétence des contrôleurs, leur indépendance, le caractère inopiné des contrôles, et le temps consacré.

Dans certains pays existent des organismes de contrôle* accrédités appartenant à des associations de protection des animaux.  

Il y a au moins deux avantages à cela :
- les contrôles sont  indépendants et crédibles, motivés par le bien-être
- la protection des animaux bénéficie d'équipes très professionnalisées, présentes sur le terrain, qui connaissent bien les problèmes techniques et économiques des systèmes d'élevage alternatifs. Cela peut être très bénéfique pour l'accompagnement des élevages et pour l'évolution (l'amélioration) des cahiers des charges.

* Exemples :
-   Protection suisse des animaux : Service de contrôle ("Kontrolldienst")
http://www.tierschutz.com/kontrolldienst/welcome.html
Cet organisme contrôle plusieurs labels (porc,veaux,poulet, boeuf), ainsi que des abattoirs et des transports d'animaux.
-  "Tierschutzgeprüft"  : service de contrôle des associations autrchiennes de protection des animaux.
81.223.46.114/web/kontrollstelle/download/MB021_0.pdf
Cet organisme contrôle les élevages de poules pondeuses, et dispose d'un label propre avec des exigences supérieures aux normes européennes.
-  Freedom Food : une marque appartenant à la RSPCA (Royal society for the prevention of Cruelty against Animals)
http://www.rspca.org.uk/FreedomFood
Ce label dispose de contrôleurs (visite annuelle) et de conseillers.
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Questionner les contrôles

Il serait sans doute possible de regrouper et d'optimiser les contrôles, pour en réduire les coûts.
Il faut espérer  qu'à la longue les contrôles
a) vaudront la peine, par l'ambition des productions et tout particulièrement  du bien-être animal
b) puissent être regroupés et  optimisés pour en réduire le coût au strict minimum.

Qu'apportent des contrôles par "un organisme de contrôle indépendant" ? 

positif

décevant

On fait ce qu'on dit, on dit ce qu'on fait une "usine à gaz" pour une production qui souvent est relativement banale
le respect de la loi est assuré est-ce déjà  extraordinaire?
c'est la condition pour que les produits soient référencés en grande surface c'est encore un coût, lourd à supporter, que "le système" (ou le distributeur) impose aux producteurs
(ordre de grandeur : 150 € pour un contrôle à la ferme qui dure une demi-journée)
un produceur bio devra, en plus de fournir des prestations élevées, encore en payer le contrôle
la qualité ! il peut s'agir d'un aspect très limité de la qualité, il peut même y avoir des effets pervers
contrôlé ! les contrôles sont loin de dépister tous les problèmes 
l'industrie élève le niveau les exigences des cahiers des charges sont souvent  décevantes 
Est-ce qu'on adapte le produit aux contrôles, ou le contrôle au produit ?

Qu'en est-il de l'indépendance ?

On peut déjà se poser quelques questions lorsqu'un organisme de certification siège à la Maison de l'Agriculture. Ou lorsque la même personne s'occupe de contrôle et anime la promotion de produits régionaux. Cela ne remet pas en cause le sérieux des personnes en question, et le contrôle selon les règles de l'art. Que la promotion s'entoure de contrôles est une bonne chose. 

Que faut-il penser du fait que le Président de l'Office de l'Elevage, (bientôt)ex-président de Chambre d'Agriculture et président de l'ITAVI - donc quelqu'un qui est à fond engagé dans la défense des intérêts des filières (ce qui est un engagement tout à fait légitime et honorable) -, soit en même temps vice-président d'un organisme de certification ? 

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