Politique agricole : le bien-être des animaux est une question de démocratie 
Cet élevage en plein air a arrêté.
L'élevage inhumain et industriel est une impasse écologique, économique, sociale, et sanitaire. La grippe aviaire en est une preuve de plus. Sortir de cette impasse relève d'une volonté politique.

Pourra-t-on en sortir avant qu'il ne soit trop tard et que l'élevage alternatif ne soit détruit ?

Le bien-être animal est dans l'intérêt des éleveurs.

Bien-être animal :
une question de démocratie
changer de repères
et retrouver du sens
le prix et les aides mondialisation
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Bien-être animal : une question de démocratie

Le bien-être est une demande de l'opinion - le gouvernement devrait la mettre en oeuvre

Les sondages démontrent l'importance que les citoyens européens lui accordent :
http://europa.eu.int/comm/food/animal/welfare/euro_barometer25_en.pdf

C'est aussi vrai pour la France. L'opinion publique considère majoritairement que le bien-être des animaux d'élevage est mauvais.

Il appartient donc aux élus et au gouvernement de répondre à cette demande des citoyens.

Le consommateur veut du bien-être animal ?

C'est au citoyen et (logiquement) aux élus du peuple de le mettre en oeuvre!

Il est malhonnête de renvoyer la balle au seul consommateur  face à son chariot .

Le consommateur-citoyen peut très légitimement demander qu'il y ait garantie de bien-être animal, sans pour autant accepter de payer des prix disproportionnés en remplissant son caddie.  Par ailleurs il se trouve face à un manque d'informations objectives et indépendantes.

Le consommateur-citoyen  engagé pour le bien-être animal  paie de manière disproportionnée :
  • sans le vouloir, il subventionne avec ses impôts la production en système industriel et productiviste (rôle de la PAC)
  • sans le vouloir il finance par ses impôts la réparation des dégâts dus à ce système productiviste (crises sanitaires, pollution de l'eau, surproduction...)
  • s'il choisit des produits "bien-être" (agriculture biologique ou autre, certains labels ou marques...) il les paie nettement plus cher que le standard ; 
  • alors qu'il voudrait soutenir ces produits, il n'est pas sur du tout que ce qu'il donne en "plus" remonte jusque chez l'éleveur  (et l'animal)
  • sans le vouloir, et sans avoir de libre choix, s'il achète en grande surface, il soutient les produits premier prix, par le jeu de la segmentation du marché, en acceptant de payer les marges faites sur les produits 'haut de gamme'.
Et pourtant... le consommateur engagé n'a pas le choix. S'il n'achète pas les produits "bien-être", ceux-ci ne seront plus produits.

L'élevage en plein air est en danger

Il  y a  tant d' éleveurs français qui savent conduire leurs troupeaux dans le respect de l'animal. Ils voudraient, et ils pourraient, être heureux dans leur métier.
Mais les meilleurs - ceux qui savent gérer l'élevage en plein air, ceux qui innovent, ceux qui développent les bons modèles de demain -, ne sont pas soutenus.

L'élevage en plein air rencontre de plus en plus de difficultés. On lui met des bâtons dans les roues: confinement dû à  la grippe aviaire, clôtures et règlements divers pour le porc plein air... .

L'élevage en plein air n'est pas assez soutenu.

Si des éleveurs en plein air se découragent - c'est grave.

S'il y a manipulation, injustice, et non respect de nos valeurs d'humanité, la politique doit intervenir.  


Un domaine d'intervention prioritaire est celui de la restauration hors domicile et de l'industrie alimentaire : là où le consommateur ne voit  rien et ne choisit rien quant  aux modes d'élevage pratiqués.

En effet,  en magasin  le choix des consommateurs peut porter  sur les oeufs alternatifs ou les poulets label rouge, dans des proportions allant grossièrement de 20 à 60 % du volume.  
Mais en restauration collective ou en produits transformés, la matière première provient en général d'élevages standard.
La restauration collective représente une part croissante des repas consommés.
Globalement, la part de marché des produits alternatifs est donc moins favorable - mais ce n'est pas le choix du consommateur.
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Dans l'intérêt des éleveurs : changer de repères et retrouver du sens

Est-ce que la diminution des coûts de production est vraiment le principal objectif  de l'élevage ?
Est-ce que cela a un sens ?

Le nombre d'agriculteurs diminue.
Le nombre d'élevages régresse, et ceux qui restent sont de plus en plus grands.
Tout le monde parle de l'obligation de diminuer les coûts de production : encore, et encore, et encore.
Comme l'éleveur a touché de moins en moins d'argent pour chaque animal qu'il a produit, il a dû produire de plus en plus d'animaux  afin de gagner sa vie.
Ce qui revient à consacrer de moins en moins de temps à chaque animal. La productivité doit augmenter : par Unité de Travail Humain (UTH), par animal, par hectare, par m² de bâtiment. Pour chaque gramme d'aliment consommé l'animal doit produire davantage. Les poules, les dindes, les vaches, les porcs.... sélectionnés doivent cette année produire davantage que l'an dernier ou que la génération précédente.
C'est le résultat de la mainmise des multinationales sur l'élevage.  Cette mainmise est relayée par les pratiques de la grande distribution.
C'est une catastrophe économique pour les "petits" agriculteurs des pays en développement.
C'est une course folle, folle, et toujours plus folle.  

Il est temps de s'arrêter, de réfléchir, de revoir ce qui se passe et ce qu'on veut.

En même temps, l'activité agricole est suradministrée. Les paperasseries augmentent. L'ingéniérie de la "qualité" se fait à son tour sa plus-value sur le dos des agriculteurs et des animaux.  Personne ne conteste la rémunération pour les procédures de qualité et les contrôles ! Mais chaque centime qui serait dépensé pour le bien-être animal semble de trop. Pourtant c'est l'animal  le principal travailleur de la production.

Métier d'éleveur - métier de brute ?

Les éleveurs - notamment les éleveurs de porcs - se sentent souvent injustement attaqués et critiqués. Mais la réalité quotidienne du métier est bien celle-ci :
  • travailler de manière toujours plus intense, toujours plus efficace, 
  • faire de la productivité du travail le principal objectif du métier,
  • ne plus pouvoir consacrer du temps (non productif) à ses animaux,
  • même pas donner le temps pour leur faire une anesthésie avant une intervention douloureuse,
  • ne pas se donner la peine de respecter leurs affinités entre eux,
  • les détenir de manière à ce qu'ils soient "calmes" et inactifs....  
  • les déplacer le moins possible et le plus vite possible : sans leur laisser le temps de s'orienter, de découvrir....
  • décider  de vie ou de mort, de transport ou d'agonie, en fonction des prix et des primes
  • bref  être violent et accepter de  l'être, car il n'y a que l'argent qui compte.

Métier d'éleveur -  métier qui prend soin du vivant  ?

Il y a une autre manière de considérer le métier de l'éleveur, une manière non-violente, respectueuse.  C'est une toute autre façon de travailler.  Cela suppose un autre système d'élevage (et bien sur une rémunération juste) :
  • moins d'animaux par exploitation (et davantage d'emplois)
  • des conditions de travail moins stressantes, qui s'adaptent au rythme des animaux
  • une recherche de qualité au niveau du mode de production : qualité environnementale, sociale, et éthique
  • l'épanouisement des qualités humaines : empathie, soins, communication, partage du plaisir, générosité....
  • reconnaissance par la société,  et par une jeune génération qui a une attitude nouvelle envers les animaux 
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La viabilité économique, par le prix et par les aides

C'est le rôle de la politique de rétablir des conditions qui permettent d'assurer la viabilité économique du bien-être animal. 

Pour faire cela il est possible  d'agir sur toutes les pistes :

- aide aux investissements : bâtiments d'élevage, abris, clôtures, intégration dans le paysage, haies, arbres, reconversion en prairies, à la mise aux normes....

- aide au maintien, par rapport au nombre d'animaux qui bénéficient de conditions d'élevage "bien-être" 

Une expérience acquise : le modèle suisse


La Suisse accorde des paiement directs sur la base de prestations de bien-être animal, avec 2 échelons :
- Systèmes de stabulation particulièrement respectueux des animaux  des animaux (SST)
- Sorties régulières en plein air des animaux de rente (SRPA)

voir http://www.blw.admin.ch/

- aide à l'organisation des débouchés (ramassage, conditionnement....)

- aides aux PME agro-alimentaires

- aide aux contrôles

- aide à la promotion, à l'information des consomamteurs, à l'animation

- aide aux circuits courts

- aide à la formation

- aide au conseil technique

- aide à la mise en place d'élevages pilotes

Il suffit d'orienter intelligemment des aides existantes pour en faire bénéficier le bien-être des animaux. voir développement rural

Le Bureau de la Protection Animale (qui dépend du Ministère de l'Agriculture) est doté de moyens dérisoires.  

Et si les Services Vétérinaires avaient comme mission de faire progresser le bien-être animal ... 

(Sans vouloir idéaliser la Suisse....) les Services Vétérinaire y ont comme mission de faire progresser le bien-être animal. Résultat :
  • une des meilleures lois de protection animale du monde
  • des programmes de recherche concrets et appliqués pour améliorer le bien-être animal 
  • un souci 'pieds sur terre' pour une application optimale des lois 
  • des programmes de formation qui expérimentent  des pratiques innovantes (anesthésies locales...)
Car c'est bien de l'innovation et de la créativité qu'il faut.

http://www.bvet.admin.ch/index.html?lang=fr
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Mondialisation

Qu'apportera la mondialisation ? Personne ne connait l'avenir. Mais les perspectives sont très inquiétantes.

Conséquences pour les animaux d'élevage en France

C'est l'excédent commercial grâce à l'exportation agro-alimentaire qui "sauve" l'économie française. L'élevage n'en est qu'un maillon.
 Mais est-ce que l'agriculture européenne et la France en particulier, doivent  avoir comme ultime repère la compétition mondiale par les prix ?

Conséquences pour les animaux d'élevage dans le monde

L'élevage industriel se développe dans le monde ; il détient le pouvoir, il est proche des ministères, et il est soutenu. Les filières industrielles des pays développés assistent la naissance du monstre dans les pays du Sud. Des multinationales sans scrupules se battent pour des marchés à l'exportation. Elles mènent une guerre idéologique sans morale. Les petits paysans sont ruinés. Les bidonvilles sans emplois des pays en développement  grandissent.

Et la grippe aviaire s'invite en Afrique, en accompagnatrice de l'élevage industriel.....

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