Les normes de protection et de bien-être des animaux  d'élevage :
gare aux illusions

poule débecquée, pour prévenir le picage:
est-ce que l'interdiction du débecquage
sera appliquée ?

poule avec un bec intact :
- est-ce que les éleveurs apprendront à faire avec ?
- est-ce que les systèmes et conditions d'élevage vont s'améliorer ?
- est-ce que la sélection saura privilégier des animaux rustiques et équilibrés ?


L'amélioration des normes génère beaucoup d'espoirs et quelques petits progrès.  

Un meilleur bien-être des animaux repose sur un ensemble de conditions. Les normes ne sont qu'un aspect parmi d'autres.

Quelle maltraitance ? Harmonisation Il faut toute une politique Les contrôles
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  Maltraitance : traditionnelle ou moderne !

Il y a la maltraitance à l'ancienne, primaire et brutale, et la maltraitance moderne, sophistiquée et performante.
L'élevage industriel n'est pas tombé du ciel. Il a été construit sur des bases. C'est sans aucun doute l'existence d'une maltraitance à l'ancienne  qui l'a rendu possible. L'animal a toujours été soumis aux seuls intérêts de l'homme - ce n'est pas nouveau.
La maltraitance à l'ancienne était aussi due à une indigence matérielle et  intellectuelle. Il n'y avait pas d'instruction, la vie était dure, très dure, pour les hommes et pour les animaux. (Il n'y a qu'à voir la vie et la mort des chevaux de travail et de guerre.... )
Mais il y avait aussi une alliance à l'ancienne, alliance entre hommes et animaux, qui avaient besoin l'un de l'autre pour survivre.
Aujourd'hui (mais là aussi, ce n'est pas nouveau), c'est l'instruction qui abrutit (expérimentation animale, course à la performance....).
Malgré une grande prise de conscience, les normes modernes peinent toujours à humaniser les transports et  les abattoirs.
Elles n'arrivent même pas encore, modestement, à accorder aux animaux le droit de bouger normalement (sans parler du droit d'élever leurs petits...).

Maltraitance illégale 

Les lois de protection des animaux  ont d'abord comme objet de réprimer les traitements cruels et les négligences manifestes. Qui, aujourd'hui, fait souffrir délibérément et activement ses animaux ? Qui ne leur donne pas à manger et boire ?
Ce sont le plus souvent des personnes perturbées, des violents, des cas plus ou moins psychiatriques,  des alcooliques, ou d'autres personnes instables ou marginaux.  L'intervention des associations spécialisées et des forces de l'ordre sont essentielles. Souvent ils arrivent trop tard.  
Il est tout aussi essentiel que le procureur suive, qu'il y ait condamnation, et que de telles personnes ne puissent effectivement plus jamais détenir un animal.  
Concrètement, cela suppose de confisquer les animaux, de les soigner, et de les replacer dans de bonnes conditions....  un travail surhumain.  
A la clé il y a la satisfaction d'avoir sauvé quelques animaux. Cependant bien souvent il n'y  a pas d'autre solution que de les envoyer à l'abattoir, lorsque par exemple il s'agit de tout un troupeau de plusieurs dizaines de vaches en mauvais état sanitaire.
Voir le travail remarquable de l'Association de l'Arche de Noé, Ernolsheim-sur-Bruche :
http://refugenoe.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=12&Itemid=30

Maltraitance légale et maltraitance illégale tolérée ("normale") 

La maltraitance légale consiste en toutes les pratiques courantes, en élevage industriel mais aussi en élevage traditionnel, qui font souffrir les animaux mais qui ne sont absolument pas interdites : détention en cages, clapiers, étables sombres et exigues, utilisation de souches qui souffrent par leur croissance rapide (dindes, poulets...), mutilations autorisées par dérogation, production de foie gras, 'petites' brutalités vues par personne, conditions de mise-bas déplorables, isolement d'animaux, soins inappropriés, etc etc.

Comme maltraitance illégale mais en pratique tolérée peuvent aussi compter, entre autre, les souffrances qui se passent dans les transports à longue distance et dans les abattoirs. Des cadences inhumaines, du personnel exploité et mal formé, des contrôles ridiculement faibles, les bras longs pour s'opposer aux sanctions....  et des services vétérinaires en manque de moyens humains, pas toujours très motivés (voire découragés par des pressions politiques ou hiérarchiques),  pour aller se battre dans les abattoirs - ce n'est pas agréable à faire. 

Il faut améliorer les lois, les formations, les contrôles, la répression.

La liste des textes de loi concernant la protection animale se trouve sur le site
http://www.vet-lyon.fr/ens/expa/guidelines/regl_protectionanimale.html
Il y a une grande richesse et précision dans le domaine sanitaire, mais une pauvreté affligeante en textes concernant la protection et le bien-être des animaux.
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Harmonisation pour le marché unique 

Conséquences monstrueuses

La DIRECTIVE 98/58/CE DU CONSEIL du 20 juillet 1998 concernant la protection des animaux dans les élevages se base sur le grand objectif  du marché unique sans distorsion de concurrence.  Le préambule dit en effet :

"... considérant que les différences susceptibles de fausser les conditions de concurrence s'opposent au bon fonctionnement de l'organisation du marché des animaux;

considérant qu'il est donc nécessaire d'établir les normes minimales communes relatives à la protection des animaux dans les élevages pour garantir le développement rationnel de la production et faciliter l'organisation du marché des animaux..."

Cette priorité accordée au libre échangisme constitue la base juridique des normes européennes. Or le libre échangisme a eu des conséquences désastreuses pour les animaux  : transports à longue distance, compétition par le prix le plus bas, mainmise de l'industrie et des multinationales sur le vivant, nivellement par le bas.  Le choix du "développement rationnel de la production" évoque ce vocabulaire épuré qui remplace le terme "élevage industriel" par "élevage rationnel". L' "agriculture durable" est  loin, très loin.

Petits progrès et grands espoirs

Un bilan sur l'action de l'Europe pour le bien-être animal se trouve sur le site de l'Eurogroup for Animal Welfare:
http://www.eurogroupanimalwelfare.org/policy/agric_policy.htm
http://www.eurogroupforanimals.org/consumers/consumers.htm

Le principe de l'harmonisation, afin d'éviter des distorsions de concurrence, permet à l'Europe de faire appliquer des normes dans l'ensemble des Etats membres.
Mais l'élaboration de nouvelles directives est lente et laborieuse ; il y en a environ une tous les 2 ans, et elle ne concerne qu'une catégorie d'animaux à la fois (même pas toute l'espèce !).  
Cependant un Etat membre qui le souhaite a théoriquement le droit d'être plus exigeant en matière de normes. En pratique, c'est difficile. Le cas s'est présenté notamment pour la conduite en groupe des truies gestantes  ; l'abandon des stalles individuelles était déjà engagé en Europe du Nord au moment où leur interdiction était discutée au niveau européen. Par contre la Commission Européenne s'est opposée à l'interdiction par la Suède de la race bovine blanc-bleu belge qui pose des problèmes inhérents de bien-être animal. Certains pays sont aussi plus exigeants en matière d'abattage (étourdissement) que d'autres.

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Les normes sont faibles...  il faut toute une politique. 

voir politique agricole

Echanges mondiaux

L'Europe présente la préoccupation du bien-être animal dans ses négociations avec l'OMC. Cependant l'Europe a à faire face à cette schizophrénie que son opinion publique réclame  du bien-être, mais que sa profession agricole se bat largement contre le bien-être.
Les grands pays producteurs, dont les productions animales sont plus compétitives que l'Europe, ne veulent classiquement rien savoir du bien-être. Cependant il serait bien imprudent de considérer ce rejet comme définitif.... Par exemple,  l'agriculture biologique y augmente fortement (aux USA, au Brésil, et même en Chine la 'bio' démarre).  Une prise de conscience à propos du bien-être se met manifestement en route.

Au-delà des normes : welfare quality programme

Ce programme européen "science et société pour améliorer le bien-être animal" est présenté sur le site   http://www.welfarequality.net/everyone  .
Sur le site http://www.welfarequality.net/everyone/31550 se trouve, en langue française,  le lien vers le résumé de la première conférence  dans ce cadre.  
             
Programme Européen protection et BEA  
voir   programme européen

Ce ¨Plan d'action communautaire pour la protection et le bien-être des animaux au cours de la période 2006-2010" est acessible par le site de la Commission :
http://ec.europa.eu/food/animal/welfare/index_fr.htm
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Les contrôles : efficaces, ou gouttes d'eau dans la mer ?

La Commission  fait effectuer des inspections selon un programme défini, en choisissant certaines thématiques et  quelques pays qui seront inspectés.
 De toute évidence, ces inspections ont un grand potentiel d'utilité, mais  les moyens déployés pour la protection animale sont dérisoires face aux besoins.  
Voici l'accès aux rapports de contrôle :
http://ec.europa.eu/food/fvo/ir_search_en.cfm
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