Poules pondeuses : perfectionner l'élevage alternatif
Le bien-être des poules pondeuses dans les systèmes alternatifs (non-cage) doit et peut être amélioré.
Or les éleveurs sont souvent abandonnés à eux-mêmes, ou alors ils sont poussés à faire de grands élevages en (pseudo)plein air. La rémunération des oeufs est aléatoire et peu motivante.

Voici quelques pistes pour mieux répondre au  challenge d'un l'élevage alternatif de grande qualité. Renoncer à terme à toute intervention mutilante sur le bec des poules doit faire partie des objectifs.
Europe :
évaluer  le bien-être des poules
Autriche :
prévenir picage et cannibalisme

en construction
Suisse : en construction
des volières qui fonctionnent

Le problème : picage et cannibalisme

Parmi les plus grands problèmes de l'élevage alternatif figurent le picage et le cannibalisme.  (En cage-batteries, le comportement existe aussi, mais l'absence de liberté d'action due à l'entassement,  et le peu d'éclairage, empêchent une expression majeure.)
Le picage est une anomalie du comportement alimentaire. Les poules arrachent des plumes aux congénères, dont le corps se trouve alors partiellement dégarni, ce qui leur donne froid et  les fait manger davantage.
Le cannibalisme est un trouble distinct, qui consiste à piquer et provoquer des blessures  - et une fois qu'il y a du sang, cela explose - et cela peut conduire à la mort de l'animal ainsi attaqué, et à une mortalité conséquente dans le troupeau.  Le cannibalisme peut être enclenché par des blessures suite au picage de plumes, ou se diriger contre le cloaque d'une poule, celui-ci étant apparent quelque temps après la ponte  (d'où la nécessité pour la poule de pouvoir rester un moment tranquille, à l'abri des regards, dans le nid).
Ces deux pathologies du comportement sont dues à des facteurs multiples, et il n'y a pas de recette miracle pour  les éviter totalement.  En quelque sorte, dès qu'il y a quelque chose qui perturbe  (carence alimentaire, poux, densité trop élevée, etc...) cela peut se déclencher.  Néanmoins il est possible de réduire le risque fortement.
Mais l'outil préventif le plus courant est le débecquage des poules : on coupe la pointe du bec chez le poussin. Le débecquage restreint se dit épointage, seule modalité encore autorisée ; en pratique le résultat est irrégulier.
Or il s'agit bien d'une intervention douloureuse, dans un tissu qui n'est non seulement sensible mais qui comporte aussi un organe tactile.

Renoncer au débecquage/épointage : est-ce possible ?

Comment est-ce possible que dans d'autres pays les labels interdisent l'intervention et travaillent avec des poules intactes (plus de la moitié des poules en Suisse), alors qu'en France le presque totailté des éleveurs estime inconcevable de travailler avec des poules non débecquées/épointées (la limite devient floue). Nombreux sont ceux qui ont même recours, en cas de problème, à la pose de "lunettes", appareils qui se posent sur le nez de la poule en perçant le septum nasal, pour l'empêcher de voir et de cibler son objectif à piquer - bref, une barbarie, qui désormais est interdite, encore faut-il appliquer les textes.


Europe : évaluer le bien-être des poules

Un projet de recherche européen "Laywel" doit étudier les enjeux en matière de bien-être en relation avec les changements de systèmes d'élevage en cours.  Voir http://www.laywel.eu/

Approche (en partie) pragmatique et des résultats intéressants

Ce projet a produit des résultats utiles pour la pratique :

- notamment un manuel très clair pour l'évaluation du bien-être sur l'exploitation.  Il montre très bien comment évaluer les différentes lésions hélas courantes.

- et quelques études intéressantes sur les besoins comportementaux, notamment la préférence des poules pour certains substrats pour picorer et pour prendre leur bain de poussière. Résultat : les cages aménagées ne permettent pas aux poules de trouver un substrat qui leur convient et de prendre leur bain de poussière.

- Petit bémol sur ces travaux : les instituts participant à ces  travaux  ont des motivations inégales pour le bien-être animal. Certains ont été historiquement engagés dans la promotion des cages batteries ou les cages aménagées.  Ce n'est pas sans influence sur leurs travaux et résultats. voir recherche 


Autriche : prévenir picage et cannibalisme


Une méthodologie appropriée


L'Université vétérinaire de Vienne (Prof. Troxler, Dr. Niebuhr) a animé une grande étude épidémiologique sur le picage et le cannibalisme dans les élevages de production. Ce projet  repose sur une décision commune des producteurs, des éleveurs de poulettes, et des associations de protection des animaux, d'établir de 2002 à 2005 un programme pour prévenir cannibalisme et picage et  ainsi éviter les mutilations du bec. Cette étude a pu exploiter les données de l'organisme de contrôle "tierschutzgeprüft" (appartenant aux associations de protection des animaux), concernant 2149 troupeaux de poules non débecquées/épointées (l'intervention étant interdite dans les labels autrichiens) et 240 troupeaux de poulettes ; elle a relevé des données suplémenaires lors de visites de 309 troupeaux de poules non épointées.  
Cette étude analyse un maximum de données avec la plus grande précision possible, concernant la structure et la conduite des élevages. 

étude téléchargeable sur   http://www.dafne.at/homepage    (résumé en anglais)

une brochure de conseil (en allemand) est téléchargeable sur http://www.tierschutzgeprueft.at/

Résumé des recommandations
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