Que fait la science ?
Y a-t-il des scientifiques qui défendent avec compétence et courage le bien-être des animaux ? 
Où sont-ils ?


Becs ouverts, les canards halètent . Leur métabolisme est dépassé par le gavage (ici en case collective)

Truie en "maternité" : elle est bloquée ainsi sur du cailebotis et sans litière, une semaine avant la mise bas, pour la mise bas, et durant toute la lactation.... pour retourner ensuite dans une autre cage dans un autre bâtiment
Plan du site

Où sont les scientifiques
- qui travaillent pour mettre fin à des systèmes et des pratiques inacceptables?
- qui mettent au point des méthodes d'élevage adaptées aux besoins des animaux (au lieu d'adapter les animaux aux systèmes)?
- qui sont indépendants - financièrement et mentalement - des filières économiques?

Y en a-t-il ?  Y a-t-il une  poignée de résistants qui osent s'exprimer ouvertement, POUR les animaux, CONTRE des systèmes profondément inhumains ?

OUI.  Il y en a.
 -

J'accuse

Les scientifiques (zootechniciens, vétérinaires) ont une lourde responsabilité et culpabilité dans la détresse actuelle des animaux d'élevage. Ils ont développé des techniques toujours plus sophistiquées pour forcer les animaux à des performances toujours plus élevées, dans des élevages concentrationnaires, en claustration, coupés de tout environnement naturel, dans l'impossibilité de toute interaction sociale normale. Les chercheurs travaillent sur l'alimentation animale, sur la reproduction, sur la sélection, pour obtenir "toujours plus" au moindre coût. Les chercheurs ont été sourds à la souffrance des animaux, souffrance physique et psychique. Ils acceptent même (avec zèle) de donner des arguments à ceux qui cherchent à freiner toute initiative de l'Union Européenne qui voudrait mettre en place des réglementations un peu plus contraignantes.

Très impressionnés par l'argument "économique", ils ont contribué, activement ou par leur silence,  à  la désinformation des agriculteurs en matière de bien-être animal. C'est un mauvais service rendu aux agriculteurs.

Ils sont toujours en train de tergiverser. Les animaux souffrent-ils ? Un peu, beaucoup, pas du tout ? Comment mesurer la détresse (le stress), la peur, la douleur, la frustration ? Et on mesure, on mesure. Mais comment interprêter l'indicateur proposé ?

P.ex. un pic de cortisone peut refléter une douleur aigue et intense ; mais une augmentation de cortisone peut aussi répondre à un stress naturel parfaitement acceptable (rut, conflit hiérarchique...) ; et elle peut manquer lors d'un épuisement de l'organisme par un stress chronique.... Autre exemple : les anomalies du comportement, notamment les stéréotypies (mouvements répétitifs) : sont-elles indicateur direct de souffrance psychique, ou permettent-elles à l'animal de s'autoadministrer des  endorphines (qui permettent d'échapper à la souffrance) ?

Et après tout, cette détresse animale, n'est-elle pas "légitimée" pour des raisons économiques ?
Quoi qu'il en soit, le scientifique argumentera pour obtenir de nouveaux crédits de recherche...  c'est son premier problème.

Cette image est à peine caricaturale. Malheureusement, en effet, la France EST en retard au niveau de la recherche POUR le bien-être animal. Pourquoi ? Osons quelques hypothèses.

Il existe peut-être un certain élitisme des 'grandes écoles' qui rend plus difficile de prendre au sérieux  la sensibilité moins instruite des autres.
Une certaine idée cartésienne de "rigueur scientifique" semble avoir tétanisé les esprits - et pour une bonne part c'était du bluff. Car l'idée de Descartes de "l'animal-machine" n'était vraiment pas une démonstration de rigueur intellectuelle !
Il manquait peut-être aussi une dose de conviction protestante que chacun est autonome et responsable et qu'il n'est pas question de s'abriter sous le parapluie de l'autorité.
Bref, au fil du temps une dévalorisation arrogante de l'empathie a su faire alliance avec des intérêts économiques sans scrupules tout en évoquant au besoin la supériorité de l'homme sur l'animal.

Oeuvrer pour la maltraitance :

l'exemple Jules Tournut*

Travaux sur le porc, publiés en 1969 par J. Tournut et C. Labie :

Ils se sont  "...attachés à reproduire en laboratoire des troubes comparables à ceux observés dans des conditions habituelles d'élevage et de transport. A) Dans une première expérience, ils observent les troubles provoqués par la contrainte, sur des porcs suspendus dans des corsets. Ils notent : 1) une perte de poids importante ; 2) des congestions localisées aux intestins, à l'estomace et au pancréas ... B) Dans une deuxième expérience, ils recherchent l'effet des tranquillisants sur les porcs soumis à la contrainte... C) Dans une troisième expérience, les auteures recherchent les modifications de la flore intestinale provoquées par les agressions physiques, notamment la contrainte..." (Source: Porc Magazine n° 309-mars 1998)

* L'auteur de ce site ignore les éventuelles qualités et bonnes actions de ce M. Tournut, étant tombé sur ce résumé par hasard. Beaucoup de vétérinaires et autres scientifiques ont travaillé, et travaillent toujours,  sur l'animal, comme lui, ou pire. L'intégration sociale semble avoir été excellente.
Il serait temps que la profession vétérinaire s'interroge sur cette forme de banalité du mal.
On comprend que les médicaments ont servi à compenser les effets néfastes sur la productivité induits par une forme de torture ('conditions habituelles d'élevage et de transport').

Est-ce que de telles attitudes envers l'animal d'élevage relèvent du passé ?

De toute évidence non. 

En 2005 est encore décerné un "prix Jules Tournut" par la European Probiotic Association. Est-ce que ce seront désormais les probiotiques qui auront vocation de pallier à des méthodes d'élevage odieuses?
 
Fin 2006, le congrès annuel de l'Association Française de Médecine Vétérinaire Porcine (AFMVP, créée par lui) s'est tenu en hommage à Jules Tournut.

En 2007, 6 candidats, jeunes vétérinaires, ont encore été sélectionnés* pour le prix Jules Tournut.   Schering Plough donne des chèques.

* Source : Semaine vétérinaire du 21 et 28 décembre 2007. Le même congrès de l'AFMVP, d'après l'article, parle de la multirésistance aux antibiotiques, et s'intéresse particulièrement à l'hygiène d'une part, et à l'observance des traitements antibiotiques par les éleveurs.  


Mettre la science à l'épreuve...

Sans doute faut-il aujourd'hui mettre la science des productions animales à l'épreuve de l'éthique, de l'honnêtété, de l'indépendance,  de l'interdisciplinarité.

Il faut examiner ses objectifs et son utilité sociale.

Il faut procéder à une analyse critique de ses méthodes et de ses impacts.

Car il existe des réponses à la question du bien-être animal: des  réponses "scientifiques" et des réponses "intuitives".

Les deux peuvent se tromper avec fracas, et les deux peuvent apporter des éléments justes et essentiels.

"Est-ce qu'on n'a pas pris la science trop au sérieux?"

demande l'éthicien danois Peter Sandoe (Présentation à la Conférence “From Darwin to Dawkins : the science and implications of anmal sentience” mars 2005, Londres (www.ciwf.org)..
voir Ethique
Plan du site