Respect des besoins physiologiques
Respecter les besoins physiologiques c'est reconquérir les repères fondamentaux de ce qu'est la santé.

alimentation

système standard


alimentation naturelle


... et les farines animales?
reproduction

système  standard

reproduction naturelle
pour faire mieux

Plan du site

Quels repères choisir ?

Adapter l'animal au système ?

Ou adapter le système à l'animal ?

Il y a en effet  deux manières opposées d'approcher le bien-être et la santé des animaux d'élevage :
  • soit on choisit un système de production et on cherche à adapter les animaux au système. On pousse la productivité (performance technico-économique) des animaux aussi loin que possible : prise de poids rapide, mise-bas fréquentes, quantité de lait et d'oeufs maximale, etc. On repousse toujours plus loin la limite où la santé des animaux s'effondre et où "le système animal" casse. C'est un équilibre précaire. Tant qu'il fonctionne, il passe pour un "bon état sanitaire". On dit que les animaux expriment tout leur potentiel génétique. C'est dans ce contexte que la recherche notamment française parle de l'"adaptation" des animaux. Dans ce cas de figure les repères sont d'ordre économique.

  • soit  on s'efforce à adapter au mieux le système d'élevage à la nature et aux besoins des animaux. Les repères recherchés sont des repères de santé et de bien-être. Ils dépendent de la nature de l'espèce considérée. Ce sont des données biologiques et éthologiques qui relèvent d'une bonne connaissance de l'espèce dans son environnement naturel  (et pas dans une situation de confinement et/ou d'entassement). - L'agriculture biologique essaie d'aller dans ce sens.

Cette page est un plaidoyer pour la deuxième approche: adapter le système à l'animal, à sa nature, à ses besoins.

Définir ainsi les repères fondamentaux est un parti pris raisonnable. Le vivant et la santé sont issus de l'évolution naturelle, dans un environnement naturel. L'évolution a façonné des organismes autonomes qui peuvent fonctionner merveilleusement bien. Est-ce que l'homme peut faire mieux ? On peut en douter.... surtout lorsqu'il est poussé par une idéologie économique basée sur la course au profit. Il est plus sage  d'écouter la nature et de respecter l'animal.
Voyons les deux principaux domaines où sévit le diktat économique : l'alimentation et la reproduction. Ce sont d'ailleurs, avec la génétique, les matières enseignées en formation agronomique - au point d'oublier que l'animal est un être vivant, entier, unique, capable de souffrir et de ressentir du bonheur.

Définition de la santé 

par l'Organisation Mondiale de la Santé :

"La santé est  un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité."




repères pour une bonne santé
alimentation  reproduction
  • couverture des besoins et absence de carences
  • absence de maladies et de lésions
  • une croissance harmonieuse
  • une fonction normale des différents organes (système digestif, foie, appareil endocrinien, systèmes cardio-vasculaire et respiratoire...)
  • une productivité suffisamment modérée pour ne pas nuire à la santé de l'animal
  • respect des comportements alimentaires naturels, et absence de frustration et de stress
  • faible mortalité des reproducteurs et des jeunes,
  • peu de réformes des reproducteurs, durée de vie prolongée
  • peu de médicaments, pas de manipulation hormonale
  • peu de complications, en laissant faire la nature autant que possible (saillie naturelle, mise bas naturelle)
  • nombre de jeunes conforme à la capacité de la mère de les nourrir
  • alimentation naturelle, donc lactation naturelle en fréquence (par jour) et en durée (mois)
  • socialisation et apprentissage social conforme à l'espèce             

 Plan du site

  Alimentation                                    


   L'alimentation industrialisée

L'industrie de l'alimentation animale concentre l'encadrement et le conseil aux élevages. Les plus grands concentrent des moyens financiers pour  la recherche et le développement. C'est du pain béni : tant que l'élevage et l'alimentation industriels rendent les animaux fragiles et malades, il y a de quoi faire de la recherche et réclamer des budgets. L'industrie de l'aliment est liée aux stratégies sanitaires, riches, elles aussi, en enjeux et potentiels économiques. L'industrie de l'aliment imprègne des stratégies de marketing et le discours "qualité". C'est aussi du pain béni, vu que les questions de  la "qualité"  et de la "sécurité alimentaire" des produits d'origine animale sont souvent réduits à la question : que mangent les animaux ? L'industrie de l'aliment est entraînée par le délire mondialisé de la compétitivité. Elle en est aussi acteur.

Produire toujours plus en mangeant toujours moins!

C'est ce qui est demandé aux animaux d'élevage. Toujours plus ! Toujours plus vite !
Tout en diminuant les coûts de production, alors que des coûts nouveaux se rajoutent.
les  nouveaux acteurs de la "qualité" qui veulent être rémunérés.

Toujours plus, toujours plus vite : les outils pour y arriver sont  de plus en plus spécialisés et sophistiqués, avec l'aide des biotechnologies. Chaque fois qu'un problème apparait, que l'organisme animal 'craque', qu'une crise sanitaire se présente, .... il faut inventer des remèdes compensatoires.

L'exemple du sevrage précoce contre la nature et pour l'industrie

"La période du sevrage est un processus difficile pour la plupart  des jeunes animaux."  Oui... parce qu'on les prive du bon lait maternel et  qu'on déchire les liens sociaux avec violence.
Mais les Instituts de recherche et l'industrie s'en occupent - il y a un aliment industriel à vendre.  

Un exemple d'études pris au hasard :
Pour des porcelets, sevrage brutal, cage individuelle... afin d'étudier l'absorption intestinale de différentes formules d'aliment. C'est l'abrutissement à l'oeuvre.   Pour pérenniser les systèmes industriels.
p.ex.  M. Spreeuwenberg avec la NUTRECO Company, à l'Université de Wageningen.
http://www.gcw.nl/dissertations/
library.wur.nl/wda/dissertations/dis3892.pdf

Faut-il vraiment CROIRE que tout cela est UTILE ?
C'est vraiment difficile à croire.  Osons l'hypothèse  que c'est pervers.

Si par exemple on laissait les petits animaux plus longtemps chez leur mère ?
On leur épargnerait le stress d'un  aliment  contre nature et le stress de la séparation....  



Elevages industriels et alimentation

la sélection génétique  les conditions d'élevage la composition des aliments
- les poules pondeuses hybrides, légères, mangent de moins en moins de grammes d'aliment pour produire un oeuf
- les poulets de chair et autres volailles, hybrides aussi, et les porcs,  mangent de moins en moins de kg d'aliment pour fabriquer un kg de viande (c'est l'inice de consommation  qui baisse)
- chaque génération de vaches est capable de produire davantage de lait;
- les vaches hyperproductives ont besoin de rations très riches et parfaitement équilibrées, sous peine de devenir malades
- entre autre pour les volailles, la sélection très poussée avec croisement de certaines souches maternelles et paternelles, pour obtenir des hybrides particulièrement productifs, induit des problèmes de maltraitance spécifiques aux élevages de sélection et de reproduction : cages individuelles, mutilations, rationnement d'animaux rendus boulimiques (les reproducteurs en poulets de chair souffrent de faim) ....
- pour économiser l'aliment, il faut que les animaux dépensent un maximum d'énergie pour produire, et un minimum pour bouger. Cela peut être obtenu par le manque de place, l'entassement, l'attache, ou un faible éclairage voire l'obscurité pour les "calmer" s'ils sont nerveux. 
- il faut une température neutre pour économiser l'aliment : surtout pas sortir au froid ! Plutôt entasser les animaux pour qu'ils se chauffent grâce à la densité. C'est ce qui se passe en cages-batteries à poules pondeuses : on économise à la fois l'aliment et le chauffage.
- un éclairage prolongé selon des rythmes particuliers incite les volailles de chair à manger davantage pour grandir plus vite. L'éclairage permanent est interdit, mais de nombreuses périodes lumineuses sont autorisées.
- les vendeurs d'aliment mettent en place de grands élevages industriels pour vendre un plus grand volume d'aliment 
- et par ailleurs on recherche par tous les moyens les aliments les moins chers pour faire tourner les rouages de la compétition par les prix, et l'avantage va aux plus gros volumes, ce qui intéresse à nouveau le vendeur d'aliment ou les céréaliers
- et aucun effort de recherche (voir les programmes de l'INRA) n'est de trop pour améliorer l'adéquation entre l'aliment industriel et les besoins de production  industriels.
- Il s'agit de réduire morbidité et mortalité en élevage de masse. Il s'agit par exemple de faire en sorte que le porcelet sevré (trop tôt) supporte au mieux l'aliment industriel.
L'objectif économique est de vendre un aliment, et de mettre en avant un meilleur rendement.
Par ailleurs  il faut adapter l'animal à la demande industrielle et à la démarche commerciale : par exemple il s'agit de faire varier la qualité des fibres musculaires ou le type de gras ou la conformation des carcasses ou la couleur... par une alimentation très pointue, tout en démontrant à l'éleveur qu'il y gagne lorsqu'il l'achète tel aliment..  

qualité

retour


 
Alimentation naturelle et bien-être
Le cerveau détecte les carences

"Dans la nature, les animaux recherchent les aliments leur apportant les éléments essentiels au fonctionnement de leur organisme. Quand leur alimentation est dépourvue d'un acide aminé indispensable, les animaux omnivores, dont l'homme, sont capables de détecter cette carence et développent une aversion envers ce régime alimentaire déséquilibré. Des chercheurs de l'INRA de Clermont-Ferrand viennent d'indentifier un 'détecteur' de cette carence dans le cerveau : la protéine kinase GCN2...." (source INRA la lettre n°12 octobre 2005, p.4)


L'agriculture biologique le  dit toujours des vaches :
elles savent trouver les herbes qui sont bonnes pour elles... 
L'alimentation ne se caractérise pas seulement par une composition en protéines, glucides, lipides, minéraux et vitamines.  Il y a aussi la structure, la présentation, et le nombre et le rythme des repas. Farine sèche ou soupe liquide ? Concentrés, avec ou sans fourrages riches en fibres ? Granulés gros ou fins ? Graines à picorer pour les volailles ? Ration vite avalée  - et puis l'ennui ; ou occupation prolongée à manger ? Combien de repas ?  
Exemples :

- de l'herbe et du foin pour les truies 
- des graines dispersées, pour gratter et picorer, pour les poules 
- del'herbe et du foin pour les veaux de boucherie 
- des protéines animales pour les volailles 
- des fibres pour les porcs 
L'alimentation naturelle garde une certaine cohérence avec la nourriture disponible dans l'habitat naturel des ancêtres sauvages de nos animaux domestiques.  Cela implique aussi une certaine diversité. L'animal dans la nature a son autonomie et peut choisir tel aliment plutôt qu'un autre, telle plante, telle fleur... en fonction de ses besoins.  
Forcément, en élevage, l'alimentation sera plus riche, tout au long de l'année, que dans la nature. Dans la nature, la faim est une cause importante de mortalité, que ce soit dans des hivers durs, suite à des sécheresses, ou par surpopulation.  Mais l'alimentation plus riche, donnée par l'homme, ne doit pas causer un préjudice de santé à l'animal ! Même si l'animal n'était pas abattu, il devrait pouvoir bien supporter l'aliment durant de longues années.
Dans des conditions qui s'inspirent de ce qui est naturel, p.ex. :
  • Les capacités d'adaptation ne sont pas sollicités au-delà de variations saisonnières naturelles et modérées.
  • Le corps et les organes restent normaux  
  • Les articulations peuvent aisément supporter le poids du corps.
  • Le coeur suit les efforts d'une activité physique, et résiste à un stress ponctuel.
  • Le système digestif n'est pas poussé à bout - il n'y a pas besoin de produits pharmaceutiques (pré/pro/anti/biotiques...) pour "rééquilibrer" une flore digestive  malmenée.
  • Il n'y a pas de surcharge hépatique (risque p.ex.chez les veaux, taurillons, vaches laitières...)

Plan du site
retour



   ... et les farines animales ? 

Qu'on tire enfin les vraies leçons du drame des vaches folles !  
  • privilégier l'herbe pour les herbivores 
  • donner de l'herbe et du foin aux veaux ! ! !  On en est loin...  .
  • accorder à l'animal une certaine autonomie lui permettant de choisir dans une diversité (prairie naturelle, parcours en herbe...)
  • donner des fibres pour les espèces qui naturellement en consomment, p.ex. de l'herbe pour les truies ; donner des graines, de la verdure... pour les volailles...
  • accepter les protéines animales pour les espèces omnivores
  • Une poule dévore si l'occasion lui est donnée des insectes, des vers, des souris... et dans certains cas même une autre poule ou un cadavre. Idem les porcs. 
  • l' étiquetage "alimentation 100% végétale" pour des espèces omnivores relève du marketing, pas de la physiologie. A terme c'est idiot. Et complètement hypocrite : pourquoi toutes les espèces devraient devenir végétariennes - sauf l'homme ??
  • avec comme conséquence logique de réintroduire les farines animales sécurisées 
  • La destruction systèmatique de toutes farines animales est un gaspillage profondément immoral de vies animales et de précieux nutriments. C'est une honte de plus pour les pays riches. Car plus du tiers du poids des animaux abattus (près de la moitié pour les bovins) n'est pas consommé par les humains. Remplacer les "farines dites animales" par des farines de poisson n'est pas une solution. Les mers sont surexploitées et pillées, avec cruauté, et ça a servi entre autre à nourrir des veaux ! 
  • Le FAPEN a mené une campagne remarquable contre l'incinération systématique des farines animales.  "...on est pris de vertige lorsqu'on songe que plus de 800 millions de personnes dans le monde souffrent de malnutrition pendant que des pays riches comme le nôtre brûlent de la viande sans même daigner nourrir leurs animaux de ces matières à haute valeur protéique". voir http://www.fapen.free.fr
  • Les farines animales répondent bien aux besoins nutritionnelsde certaines espèces. Leur interdiction a posé de gros problèmes non seulement de performances mais aussi de bien-être. (picage et cannibalisme ; litières humides et lésions douloureuses de griffes...). L'élevage biologique qui interdit les acides aminés de synthèse, peine à trouver l'équilibre.
  • L'interdiction des farines animales fait l'affaire des vendeurs d'incinérateurs, des céréaliers et du business du soja OGM. L'extension du soja en Amérique du Sud fait d'énormes dégâts environnementaux et sociaux. Ce n'est pas une culture vivrière !
retour

Reproduction      

 La reproduction industrialisée

La domestication a conduit à ce que l'homme sélectionne les individus aptes à se reproduire dans des conditions de captivité, malgré une forte densité d'animaux, malgré des logements peu favorables, et en dehors des rythmes saisonniers. Suite à cette sélection, beaucoup d'animaux domestiques  se reproduisent même dans des états de stress chronique ou de détresse majeure.  Cependant le stress se répercute encore dans de nombreux cas sur la fertilité. Pour les vaches laitières, les problème de fertilité restent une principale cause de réforme dans les systèmes intensifs.  Les truies qui ont peur de l'éleveur sont moins prolifiques. D'autre part on a aussi démontré que des poules peuvent continuer à pondre même avec des blessures ou maladies.

Aujourd'hui, la sélection et la reproduction des animaux est devenu une industrie: un process dans un monde artificialisé, désinfecté.  Dans cet univers clos l'animal est amputé de sa nature intelligente et sociale. Il est réduit à son appareil de reproduction et son potentiel économique.

Cette approche réductrice et abrutissante de l'animal est savamment entretenue et enseignée. Le personnel en blouse blanche qui intériorise cette attitude envers l'animal se trouve valorisé. L'éleveur n'est plus un péquenaud !

Certaines personnes - et pas les plus insensibles - aiment le travail liée à la reproduction des animaux  et croient  les aimer. Tant mieux pour eux et pour les animaux entre leurs mains. Dommage qu'il leur  manque l'enseignement d'une éthologie indépendante, l'éducation à l'empathie, et une organisation pour résister au moule dominant.

Exemple des lapins

La "Coopérative des producteurs de lapins du bocage" (attention: le 'bo-cage' n'est que cages !) s'est doté d'un centre d'expérimentation, d'insémination et de production de femelles parentales livrées à un jour d'âge, avec laboratoire intégré, essais sur les aliments, etc, à Réaumur en Vendée. Ce centre accueille de nombreux éleveurs pour les former. La coopérative lance un programme d'aide à l'installation (et les collectivités paient !). L'objectif est de sauvegarder la rentabilité des centres d'insémination, d'expérimentation et de multiplication.
Ce qu'on cache aux éleveurs et aux futurs éleveurs : le mode d'élevage préconisé est inacceptable.
Source : L'Eleveur de lapins, septembre 2006

Les lapins ont besoin d'espace, pour sauter, courir, se redresser
ils ont besoin de vivre en groupe
ils ont besoin de litière et d'occupation (ronger, explorer, s'occuper....)
leur espace doit être structuré

Tant de passions se déclenchent contre les OGM ! 

Pourtant le même processus de mainmise sur l'agriculture a pu aboutir sans heurts ni révolte tant qu'il ne s'agissait "que" d'animaux, et pas de semences. 

L'industrie de la génétique animale a réussi  sa mainmise sur le monde de l'élevage.  

Ainsi une poignée de multinationales tiennent en main la sélection des volailles pour le monde entier.

La génétique dans les productions animales est devenue une branche lucrative des biotechnologies. Elle draine d'importants budgets de recherche. Le lobby génétique est une réalité puissante.

L'amélioration génétique est d'ailleurs devenue un objectif clé de la nouvelle Loi d'Orientationn Agricole.

Il faut accorder une dignité à l'animal :

 dignité de sa sensibilité et de son intelligence,

 mais aussi dignité de son corps qui n'est pas manipulable à merci.


De l'automatisation mécanique au délire biotechnologique, tout est permis.
  • la sélection industrielle a façonné les animaux selon des critères de productivité, de performances. Des caractères non recherchés peuvent apparaître, p.ex. une fragilité envers certaines maladies, ou des problèmes de comportement. Par ailleurs la diversité génétique se perd. La diversité des réactions immunitaires s'appauvrit. C'est ce qui s'est produit avec la grippe aviaire hautement pathogène : la multiplication explosive d'un virus muté, devenu hautement pathogène, peut  ravager tout le troupeau.  - Vu les conséquences catastrophiques d'un sélection uniquement productiviste, il y a aujourd'hui une certaine volonté de corriger les pathologies induites majeures. Le terme "rustique" est à la mode.  Y a-t-il une prise de conscience que la sélection productiviste est devenue de plus en plus indéfendable ? Rien n'est moins sûr.  
  • régulation hormonale : c'est une pratique habituelle pour les vaches, truies, brebis...
  • augmentation du nombre de portées par an, en raccourcissant le délai entre mise bas et gestation suivante (truies, lapines)
  • insémination artificielle. Cette pratique s'impose dans de plus en plus d'espèces. Les meilleurs taureaux ont un grand nombre de filles, la diversité génétique s'appauvrit, la consanguinité augmente.  L'insémination se pratique, pour d'autres raisons,  chez les dindes standard, à croissance rapide : elles ne peuvent plus s'accoupler normalement, parce qu'elles sont trop lourdes. - La promotion de l'insémination artificielle corespond surtout aux intérêts économiques du lobby génétique.  
  • récolte du sperme : les mâles concernés ont une triste vie. Les taureaux quittent leur case pour saillir l'attrappe. Les truies en chaleur peuvent être dépistées et stimulées par un verrat mécanique au parfum synthétique.
  • transfert embryonnaire : encore une affaire lucrative : façonner l'animal pour l'économie. L'animal est adapté à la biotechnologie.  L'éleveur se sent valorisé. L'industrie y gagne. Ahh!  Il faut exporter  la génétique française.
  • génomique : on cherche à modifier l'animal par une sélection ciblée au moyen de l'analyse des gènes, voire même par la manipulation d'un gène. L'intérêt est contestable - si ce n'est de faire financer des projets de recherche particulièrement proches de l'industrie. Ce sont les apprentis sorciers à l'oeuvre. L'expression et l'interaction des gènes sont  très complexes. Il peut y avoir des effets surprise dans un domaine tout autre que celui  recherché. Un des objectifs, en cherchant les gènes du stress ou du comportement 'agressif', est de sélectionner des souches d'animaux moins sensibles au stress et qui s'adaptent plus facilement à des conditions d'élevage concentrationnaires - au lieu de changer les systèmes d'élevage. - La génomique s'associe à la recherche d'une qualité de la viande. Pour le boeuf, c'est en particulier la tendreté. Quoi d'étonnant que Cargill, semencier et faiseur d'OGM, s'engage aussi dans le brevetage de gènes bovins ! Source :  Indicators of milk and beef quality, EAAP publications n°112, 2005
  • pour les volailles, la reproduction est totalement industrialisée, au point qu'il n'existe plus de reproduction tant soit peu naturelle, même en agriculture biologique. Sélection, reproduction, accouvage, éclosion, traitement des poussins : tout est industrialisé. Même la mutilation des animaux est automatisée. La génomique est censée résoudre les problèmes de comportement, de stress, de maladies, de qualité...
  • les truies sont sélectionnées pour l' hyperprolificité: cela entraîne davantage de mortalité parmi les porcelets, des morts nés et des porcelets très faibles, et une valse d'adoptions pour obtenir des portées plus homogènes, avec sevrage précoce des plus costauds.  -  Faut-il vraiment passer de 10 porcelets à 12 et même à 16 ?
  • le lien entre la mère mammifère et le/s petit/s est nié, coupé, ou maltraité, avec une brutalité psychique et physique camouflée sous un discours scientifico-nutritionnel. 

Truie en case paillée "Thierry Schweitzer", où elle est libre de bouger. Les résultats sont bons.
 Reproduction naturelle et bien-être  

La nature n'est pas tendre. La mortalité des jeunes peut être très élevée. La faim, les maladies, les prédateurs, peuvent décimer. Les comportements naturels de reproduction sont efficaces dans la nature. En captivité, ils peuvent engendrer davantage de conflits et blessures - surtout s'il y a trop d'animaux confinés par l'homme dans trop peu d'espace, sans pouvoir s'isoler ou s'échapper.
Globalement, on le sait, le stress a un grand impact sur les productions liées à la reproduction, comme la fertilité et le lait. Car c'est par ce biais que l'évolution naturelle peut limiter la reproduction lorsque les conditions sont défavorables. Nous sommes donc en présence de systèmes hautement sensibles. En même temps, la reproduction est assurée  par des motivations très fortes, et à la clé il y a un potentiel de bonheur énorme !
Une reproduction naturelle peut aller de pair avec le bien-être par :
  •  des interactions sociales normales entre mâles et femelles, dans un environnement approprié
  •  peu d'interventions pharmacologiques : on respecte les rythmes physiologiques. La reproduction sera bonne si l'animal est en forme et pas stressé.
  • une mise bas naturelle dans la tranquillité et le confort, avec une liberté de mouvement, limitant l'intervention humaine au strict nécessaire en cas de réel problème de santé
  •  espacement des naissances pour bien-être et longévité 
  • nombre de jeunes par portée conforme à la capacité de la mère de les nourrir. Par exemple, pas de sevrage précoce pour des porcelets en surnombre.
  •  allaitement prolongé, se rapprochant le plus possible de la durée naturelle. Prolonger la durée de l'allaitement améliore non seulement le bien-être mais aussi la santé et la prise de poids des jeunes. Pour les veaux, c'est connu et reconnu. Pour les truies, on prétend que le prolongement de la lactation (en industriel 3 à 4 semaines) "vide" et "épuise" la truie, on avance qu'il est trop coûteux de la "retapper". Cet argument est en partie excessif (on n'a pas vraiment essayé! L'agriculture biologique exige un allaitement de 6 semaines ce qui est déjà préférable.) Mais  il révèle aussi qu'on est en effet allé trop loin : les gestations sont trop rapprochées, avec trop de porcelets (ce qui est toujours l'objectif recherché par la sélection des truies et la conduite des élevages !).

Comportement, lien social et physiologie

Un spécialiste du comportement des porcs dans un environnement qui leur est  favorable, nous dit  :

(en plein air)   "...après la saillie, la truie et le verrat sont couchés ensemble devant la cabane, nez contre nez... c'est important... le fait de les laisser ensemble, favorise la nidation d'un plus grand nombre de porcelets.."

voir  porcs




Qu'on arrête...
  •    avec la manipulation biotechnologique du vivant !
  •   avec la violence - qu'elle soit traditionnelle ou moderne- faite à la physiologie et à l'affectivité liés à la reproduction !
retour

Un environnement sain


 Ambiance

Dans les bâtiments industriels se pose le problème crucial de la pollution de l'air : poussières et ammoniac, aérosols chargés de microorganismes bactériens et fongiques et d'endotoxines. Il y a un certain nombre de réponses techniques, grâce à la ventilation mécanique, ou une bonne ventilation statique. Il est vrai que les erreurs ne pardonnent pas et se reflètent en morbidité et mortalité, d'où la motivation des techniciens à résoudre ces problèmes. La ventilation mécanique est sécurisée, car en cas de panne les animaux meurent. - Néanmoins les animaux sont contraints à rester dans une certaine ambiance et n'ont pas le choix de se soustaire à des influences néfastes : zones à courant d'air, pollution de l'air notamment par l'ammoniac... Le manque de lumière est un autre inconvénient majeur. Beaucoup de bâtiments notamment en volailles sont encore conçus comme bâtiments obscurs. La pénombre sert d'ailleurs à calmer les animaux (poules pondeuses, dindes, canards... ) et à prévenir le cannibalisme.

Naturellement, les animaux vivent au grand air. Les poumons des animaux y sont plus sains qu'en bâtiment.
La lumière naturelle stimule le fonctionnement endocrinien et l'immunité, le soleil favorise la production de vitamine D, et les rayons UV limitent les agents infectieux.
Selon les espèces, l'animal s'adapte à une fourchette de températures assez importante, si nourriture (dans le froid) et eau (dans la chaleur) sont disponibles. Souvent la chaleur fait des dégâts plus graves que le froid. Les bovins à l'extérieur supportent sans problèmes des températures de - 15°  sans vent (encore cela dépend des races), mais ils risquent de souffrir par vent froid et humide.
Dans la nature, les animaux peuvent dans une certaine mesure (tant qu'ils ne sont pas dérangés) choisir l'endroit où ils se mettent : tantôt prendre un bain de soleil, tantôt s'abriter à l'ombre, ou s'abriter du vent. Il est vrai que les extrêmes climatiques peuvent solliciter la résistance des animaux. Il peut y avoir souffrance et mort, surtout si la nourriture fait défaut.

Pour faire mieux il y a différentes pistes (et ce n'est pas facile sur des bâtiments existants !) :
- donner l'accès au plein air
- installer des bâtiments semi-ouverts avec une ventilation naturelle, ou, pour les volailles, des jardins couverts
- éclairer les bâtiments par la lumière naturelle
- pailler abondamment, et/ou sortir les déjections régulièrement (fientes de volailles)

Gérer  les températures :
les sangliers en forêt ont leur bauge, les truies d'élevage ont besoin de fraîcheur

Canicule : la truie halète, mais ça ne
suffit pas pour contrôler sa température
corporelle. Elle cherchera l'humidité, et 
logiquement, elle  sera plus sale en été qu'en hiver.

Quand il fait chaud, il n'y a rien de mieux qu'une bonne douche au jet d'eau !

retour



 Hygiène et prévention

voir aussi   qualité sanitaire

Dans les élevages industriels les maladies sont un souci constant. Le grand nombre d'animaux à forte densité subit une ambiance peu favorable, un stress permanent, une alimentation souvent peu naturelle, et une hyperproductivité qui sollicite le fonctionnement des organes à l'extrême. Tout cela crée des conditions idéales pour un déséquilibre microbien, et pour la multiplication explosive d'agents pathogènes, pour des mutations des virus et de bactéries, pour des résistances aux médicaments et aux désinfectants, pour des synergies entre différents agents infectieux, bref pour des maladies multifactorielles et des maladies nouvelles, dites émergentes.
Les maladies sont combattues par des protocoles de nettoyage et de désinfection et des barrières sanitaires de plus en plus complexes et strictes. Les protocoles vaccinaux deviennent aussi de plus en plus chargés. Sécuriser tout ce qui rentre dans l'élevage (animaux, aliment, eau, visiteurs...) devient une nécessité et une obsession. La claustration devient totale.  Le résultat est que l'activité d'élevage parait  rentable, avec des frais vétérinaires plutôt élevés, et néanmoins il se produisent des incidents sanitaires plus ou moins banaux ou à forte incidence économique voire médiatique. La recherche en virologie et en bactériologie et ses  retombées pharmaceutiques demeurent florissantes.        

Dans la nature, les maladies et notamment les parasites existent. Les plus faibles meurent. Le froid hivernal, le manque de nourriture, y font beaucoup. Les prédateurs interviennent. Mais il y a aussi la défense du système immunitaire. L'évolution des agents infectieux et des systèmes immunitaires s'est faite en parallèle, avec des interactions constantes, en co-évolution. Tous les êtres vivants descendent d'individus qui ont suffisamment résisté aux maladies pour pouvoir se reproduire. Le reproduction sexuée est une invention de la nature permettant d'échanger le patrimoine génétique des individus et notamment les capacités de s'immuniser. La diversité génétique est un capital essentiel pour la survie des populations et des espèces. En règle générale, un agent infectieux très virulent qui tue son hôte rapidement, va s'éteindre par manque d'hôtes, ou muter vers une forme moins virulente permettant de préserver ses hôtes. Ce système fonctionne lorsque les hôtes ne sont pas présents en trop grande densité. Par contre, dans les élevages industriels, et dans les régions d'élevage comme la Hollande, la Bretagne, le Land de Niedersachsen, la densité des animaux est énorme, et les virus peuvent facilement se multiplier et trouver des hôtes. -
Il ne s'agit pas du tout d'idéaliser la nature qui a créé des maladies épouvantables. Mais il est certain que la perturbation des équilibres écologiques et des populations animales réveille des maladies en sommeil venant d'espèces qui étaient des porteurs sains.



 Nombre et densité

Moins il y a d'animaux dans le troupeau, plus il y a d'espace pour chacun, mieux c'est. De tous les points de vue ! Qu'il s'agisse de la gestion des effluents, de la qualité de l'air, du confort, du stress, de la pression microbienne et parasitaire, du risque de contamination....  les petits élevages extensifs ont l'avantage, à condition que les autres critères de bien-être et de bonne conduite soient respectés.

Mais il vaut mieux avoir un grand élevage bien tenu, qu'un petit élevage mal soigné... Parfois un plus grand élevage spécialisé a davantage de facilités pour atteindre un bon niveau de compétence, une surveillance régulière, et des installations appropriées. Il n'y a pas de dogme à avoir.

Pour faire mieux

il faut désindustrialiser l'élevage :

  •  réduire le nombre et la densité des animaux.
  •  régionaliser l'élevage : mettre fin aux transports des animaux vivants et de leur infections, disséminées par le commerce international.
  •  revitaliser les petits élevages et rétablir une diversité génétique.
  •  sélectionner les animaux sur leur santé et privilégier des souches rustiques.
  •  le plus possible garder les animaux sur la même ferme, du début jusqu'à la fin de leur vie, respecter un lien affectif avec eux et entre eux, profiter de l'immunité qui s'installe, et éviter des mélanges de microbismes de différents origines.
Certaines techniques d'hygiène et de prévention modernes sont utiles et ont fait leur preuve, aussi dans les élevages en plein air et biologiques. Mais ces élevages n'ont pas besoin d'une claustration absolue. Dans la mesure où ils n'ont rien à cacher.

retour