La douleur chez l'animal doit être soulagée
Rarissime en France : anesthésie locale avant écornage.
La lutte contre la douleur est encore insuffisante, voire même inexistante 
  • lors des interventions courantes,
  • lors de maladies et de blessures,
  • lorsqu'une euthanasie s'impose.
La douleur de l'animal interpelle la dignité de l'éleveur et le respect qu'il a pour lui-même. Trop souvent on entend : "je ne traite pas la douleur tant que ça ne me rapporte rien". De telles réactions discréditent la profession. 

science et empathie approcher le problème : exemple castration interventions douloureuses courantes

castration du porcelet

autres en construction
blessures et maladies (exemples)
euthanasie


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Castration, écornage, débecquage, dégriffage...  sont des pratiques courantes en élevage. Leur caractère très douloureux est reconnu. 

  • Quel est leur objectif ? Protéger les animaux d'eux-mêmes, ou les adapter à des systèmes odieux?
  • Sont-elles réellement nécessaires ? Les solutions alternatives font l'objet de recherches et de débats.
  • et si vraiment on ne pouvait pas s'en passer : des techniques d'anesthésie existent.   
Ces interventions à vif doivent être interdites. Mais malgré l'avancement des connaissances, les décideurs traînent avec une inertie inexcusable.

Sources :

un excellent cours sur la douleur des animaux, par Dr. Julia Henke, se trouve sur le site
http://www.bvet.admin.ch/tierschutz/00216/00217/00735/

Les conditions de vie et une sélection génétique plus saines, doivent prévenir la douleur.

Cela concerne notamment les boiteries, et de nombreuses blessures. C'est d'ailleurs le cas pour toutes les espèces, des vaches jusqu'aux volailles.

Les soins doivent traiter aussi la douleur.

C'est hélas loin d'être le cas.  L'automédication dictée par des raisons économiques semble prédominer. Ne faudrait-il pas trouver une formule "forfaitaire" pour les soins vétérinaires, permettant de mettre en oeuvre une déontologie aussi envers l'animal et pas seulement envers son propriétaire ? 

L'euthanasie est  un autre enjeu fondamental : abréger la souffrance,

  • au lieu d'essayer de tirer encore de l'argent de l'animal qui souffre,
  • au lieu de le laisser agoniser  pour, jusqu'à la fin cruelle ;  ne pas lui donner le temps et l'attention qui lui seraient dûs, pour le soulager
  • euthanasier sur place, à la ferme ou là où le problème se présente, au lieu de faire subir à l'animal un dernier transport douloureux vers l'abattoir,  l'attente de la mort, et souvent des brutalités

Taureau. On voit le résultat de deux interventions douloureuses :  la pose de l'anneau dans le nez et la section des cornes - les deux devraient se faire sous anesthésie, mais sont encore trop souvent  le fait de brutalités de personnes qui se considèrent  "professionnels". Triste professionalisme. N'est-ce pas normal qu'un animal ainsi maltraité devienne plus nerveux  voire 'agressif' ?




Cette vache souffre : chaque pas lui fait  très mal, puisqu'elle hésite longuement avant de poser un pied. A-t-elle été soignée à temps (il s'agit d'un grand troupeau de vaches hautes productrices)? N'est-elle pas victime de l'ambition de haute productivité ?






Infirmerie : le grillage au centre protège des poules affaiblies, durant leur convalescence
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Science et empathie

Les mammifères et les oiseaux perçoivent la douleur de manière très semblable à l'homme.
La douleur des animaux obéit aux mêmes lois physiologiques que la douleur humaine.

Pourquoi, malgré cette évidence, la douleur (tout comme la peur) sont  encore aussi mal pris en compte lorsqu'il s'agit d'animaux d'élevage ?

Une chose est certaine : c'est celui qui a la douleur qui souffre. Mais celui qui regarde, observe, ou manipule le souffrant, ne sent rien. Il  peut s'en aller et penser à autre chose, et rien ne se passe pour lui. Rien ne lui arrive. Et c'est pourquoi il est terriblement tenté de laisser les choses comme elles sont, de suivre sa routine. Rien de plus rassurant que la routine ! De surcroît, celui qui observe ou qui manipule, est le plus souvent encouragé par son entourage : il fait comme font les autres, il fait ce qu'"il faut" faire. C'est une réalité  fréquente qui est très dangereuse pour une société, parce que c'est la base de l'abrutissement. 

A l'indifférence et à l'abrutissement s'oppose l'empathie. Elle est indispensable pour que nous puissions vivre ensemble et respecter les autres qui sont différents. Empathie : c'est ressentir ce que ressent l'autre, s'imaginer dans la peau de l'autre. L'imagerie du cerveau (enregistrements électriques) est explicite: regarder une image d'une personne qui souffre, physiquement ou psychiquement, active dans notre cerveau les mêmes zones que lorsque nous avons nous-mêmes cette douleur ou souffrance. Ainsi l'empathie peut nous mobiliser, ensemble, contre la soufrance.

Comprendre et soulager la douleur chez l'homme est un immense progrès de la civilisation moderne. Cet objectif prioritaire semble tellement évident qu'il est difficile de comprendre que les moyens pour la prise en charge de la douleur restent encore aussi insuffisants. Il n'y a pas si longtemps encore on  estimait que les nouveaux-nés avaient une perception immature de la douleur, et qu'on pouvait les opérer sans l'analgésie d'usage pour les plus grand. Cette idée s'est révélée totalement fausse  On croyait aussi devoir priver les souffrants de morphine, de peur de la 'dépendance'. Cette idée s'est révélée fausse. On se mettait dans la tête qu'il faut prendre le moins d'antalgiques possibles ; c'est faux, bien au contraire, il ne faut surtout pas que l'organisme se sensibilise à la douleur, ce serait de pire en pire. On méprisait les douleurs 'imaginaires', qualifiées de 'hystériques', dont on ne savait pas trouver le support organique ; aujourd'hui on s'est aperçu que de telles douleurs sont réelles, et on commence à comprendre leur mécanisme.

La connaissance de la douleur chez l'animal a aussi beaucoup progressé. Aujourd'hui on a des arguments pour penser que les nouveaux-nés et les très jeunes animaux ressentent la douleur plus fortement que les adultes. Les voies nerveuses qui véhiculent la douleur sont présentes, mais les voies descendantes qui régulent la perception de la douleur sont encore immatures, donc les mécanismes physiologiques d'atténuation et de contrôle de la douleur ne peuvent pas encore jouer.  C'est  la réaction visible à la douleur  qui est différente chez les très jeunes animaux, de manière variable selon les espèces. Ainsi un petit veau ne va guère crier (comme d'ailleurs les bovins en général, et les chevaux), et il restera plutôt immobile.  Plus grand, il essaiera de s'échapper, il  se débattra.

Diagnostiquer la douleur est souvent évident, mais suppose parfois une observation fine et prolongée. (De toute évidence, la plupart des éleveurs ont une vision simpliste. On ne leur a jamais dit ni appris la vérité) Il s'agit de dépister les différences dans le comportement de l'animal : ce qu'il fait (se retirer, modifier son rythme d'activité), ce qu'il ne fait pas ou moins (être actif, jouer, interagir), les différents mouvements et positions en relation avec la douleur. Le veau écorné va faire des mouvements de la tête, il va éviter le cornadis où l'intervention a été faite. Le porcelet castré va se coucher avec précaution, et marchera plus prudemment, ou se met en position de détresse à l'écart.  

La douleur est constatée : quelles conséquences tirer ?

Nier  l'intensité de la douleur lors de telles interventions,
n'est aujourd'hui tout simplement plus admissible de la part de gens formés et éduqués ou qui se considèrent comme des professionnels. Les vétérinaires anesthésient bien les chiens et les chats pour le même type d'opération. Même le traitement de la douleur postopératoire fait aujourd'hui, heureusement, partie des bonnes pratiques pour les animaux de compagnie. Il n'en est rien pour les animaux d'élevage.

Manifestement, la déontologie vétérinaire présente encore de graves lacunes face à des intérêts économiques et des mentalités de brutes qui font souffrir les animaux.

Interventions douloureuses: les agriculteurs doivent se former à l'anesthésie, dit la nouvelle loi suisse

Les détenteurs d'animaux qui souhaitent castrer leurs agneaux ou castrer/écorner leurs veaux eux-mêmes doivent avoir suivi au préalable un cours reconnu à cet effet. Cette obligation de suivre un cours vise à garantir l'exécution correcte de ces interventions. Le cours est conçu en trois étapes, selon le principe : "apprendre – s'exercer – faire vérifier ses aptitudes"

Informations
sur le site de l'Office vétérinaire suisse :

Les scripts des cours

sur la castration et l'écornage des veaux
et sur la castration des agneaux
 sont téléchargeables en français sur une page
du bvet.admin.ch/tierschutz/COURS






L'association des vétérinaires pour la protection des animaux 

Tierärztliche Vereinigung für Tierschutz TVT,   Allemagne

"Cette association a été créée en 1985.
... Lorsqu'il s'agit de prendre en compte des tâches de protection animale de manière compétente, c'est tout particulièrement un défi pour le vétérinaire avec son raisonnement compétent et sa relation à l'animal.  Cela se passe dans les groupes de travail du TVT, qui prend position par rapport à des problématiques spécifiques....
Notre  maxime est :

"Dans le doute, pour l'animal."  "

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Comment approcher le problème ?

L'exemple de la castration

Pratiques :
la castration des animaux mâles à engraisser est une pratique ancienne et courante. Les testicules peuvent être 
  • enlevés par section chirurgicale,
  • nécrosés suite à  l'écrasement des cordons testiculaires avec la pince Burdizzo,
  • ou nécrosés par l'application d'un anneau élastique qui agit sur plusieurs semaines.
Cette dernière technique d'application permet à l'éleveur tout particulièrement de se voiler la face sur la souffrance qu'il inflige à l'animal.  
L'âge est variable ; plus l'animal est petit, moins il peut se défendre, plus c'est facile. Pour le cheval, 'ami' de l'homme; il est (chez nous) courant de payer le vétérinaire pour pratiquer une anesthésie générale ; c'est une question d'argent. L'anesthésie générale implique de coucher l'animal. Dans certaines étables où les jeunes animaux sont à l'attache, il n'y a même pas la place pour les coucher (et ce serait la raison pourquoi ils sont castrés à vif...).
 

Souffrance : 

Une douleur "pas si grave" ?

Beaucoup d'éleveurs estiment que la castration à vif n'est "pas si grave" puisque l'animal continue à manger. En effet, il n'a pas d'affection digestive ni une atteinte générale ! L'instinct de survie l'emporte sur le choc du traumatisme.

L'expression de la douleur, aigue et prolongée

La douleur aigue au moment de l'intervention a fait l'objet de très nombreuses études scientifiques. Ce que l'éleveur refuse parfois d'admettre, est révélé par l'enregistrement des cris : leur tonalité est la plus stridente au moment de la section du cordon, moment le plus douloureux de l'opération. De même le dosage du cortisol révèle un pic élevé, dû au stress intense, pic bien plus élevé que chez un porcelet qui est seulement manipulé, mais sans être castré.  Un tel vécu douloureux laisse des traces durables dans le cerveau : c'est en effet une expérience traumatisante. C'est pourquoi  les vétérinaires qui estiment qu'il faut une anesthésie générale pour effacer non seulement la douleur mais aussi la peur, ont raison.

Certaines espèces ne crient pas. D'ailleurs d'une manière générale, les espèces-proies ne crient pas lorsque ça va vraiment mal (fracture...) puisque les cris attireraient les prédateurs. L'expression de la douleur est vraiment spécifique de l'espèce et de l'âge. Ainsi un petit veau ou agneau réagira par l'immobilité, alors qu'un plus grand esaiera de se défendre et de s'enfuire.

La persistance de la douleur durant plusieurs jours après l'intervention est démontrée par des observations minutieuses comme par exemple : des postures anormales, une manière anormale de marcher ; moins de mouvements ; moins de tétées ; pas de jeux ; position en retrait, contre le mur, attitude 'déprimée' ; mouvements de queue...  

D'une manière générale le stress de la castration tend à provoquer une baisse de l'immunité, et une moindre prise de poids. C'est la douleur qui dégrade l'immunité (et pas le traitement antalgique !).
Dans le doute, pour l'animal !


 Un site très complet sur la castration, en allemand :
http://www.kastration.ch/
Il reflète les recherches récentes faites à l'Ecole polytechnique de Zurich et à la Faculté vétérinaire de Berne.


Castrer : ce n'est pas anodin.


Il "ne dit rien" ? 

Certaines espèces, notamment les bovins et les chevaux, en général n'expriment pas la douleur par des cris.

Même le porc est réputé ne pas crier quand il a vraiment mal, par exemple lors d'une fracture. En effet, dans la nature sauvage, de tels cris de détresse  attireraient les prédateurs. L'évolution naturelle enseigne : il est dangereux de crier si les cris ne peuvent pas attirer des secours (cas du porcelet secouru par sa mère).

Sur un site sur le chaponnage le commentaire est que le coq "ne dit rien" alors que son tortionnaire fouille sous ses côtes (à vif) pour sortir les testicules - commentaire d'une rare stupidité, soutenue par les remarques d'expert. Ainsi on trouve sur le site de Agri-bien-être : "J.P. Morisse a rappelé que les oiseaux sont caractérisés par une sensibilité à la douleur apparemment faible lors de certaines interventions comme le chaponnage. De plus, ils ne sont pas sensibles à l’action de la morphine et de ses dérivés. Par ailleurs, les mécanismes spinaux et centraux impliqués dans la nociception des oiseaux ne sont pas connus." Devant tant d'ignorance, laissons aux coqs le bénéfice du doute. Pourquoi accorder le bénéfice du doute systématiquement aux filières, en l'occurence la filière 'chapon' ?
Le cerveau des oiseaux est en effet structuré différemment de celui des mammifères., et pendant longtemps on le croyait beaucoup plus primitif. Or il n'en est rien. Des découvertes plus récentes ont montré qu'il est hautement développé et performant.
Le coq présente probablement un cas d'"immobilité tonique" : il est "paralysé de peur". Il est certes exact aussi que le stress intense peut déclencher une sorte d'anesthésie. C'est un phénomène qui est connu chez les mammifères. (Vous personnellement ne voudriez certainement pas vous y fier s'il vous arrivait un
 accident !) En effet, cela ne contredit et n'efface pas l'existence bien réelle de la douleur, de la sensibilisation du cerveau à la douleur  et de la mémoire des traumatismes subis. D'ailleurs les éleveurs le savent : les coqs opérés sont traumatisés et nécessitent une période de convalescence.

Les expériences traumatisantes laissent des traces durables dans le cerveau. 
Même de "petits" stress passagers laissent des traces.

C'est pourquoi il faut éviter de telles expériences aux animaux.



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Interventions douloureuses courantes

Castration du porcelet

Pratiques : 

Les éleveurs castrent eux-mêmes les porcelets, le plus souvent la première semaine de leur vie  - c'est plus facile. Il existe des casques pour se protéger des cris. - Environ 100 millions de porcs sont castrés à vif, chaque année, en Europe.

Lois :  

La législation européenne autorise la castration sans anesthésie jusqu'à l'âge de 7 jours, et exige une anesthésie et une analgésie prolongée au-delà de cet âge. Il n'y a aucun fondement scientifique à cette différentiation.
La directive http://europa.eu.int/eur-lex/fr/consleg/pdf/1991/fr_1991L0630_do_001.pdf  dit (hypocritement):
"....Les procédures décrites ci-dessus (meulage ou section partielle des coins, section partielle de la queue, castration des porcs mâles par d'autres moyens que le déchirement des tissus, pose d'anneaux dans le nez) ne sont exécutées que par un vétérinaire ou une personne formée au sens de l'article 5 de la directive 91/630/CEE et expérimentée pour mettre en oeuvre les techniques concernées avec les moyens appropriés et dans des conditions hygiéniques. Si la castration ou la section partielle de la queue sont pratiquées plus de sept jours après la naissance, une anesthésie complétée par une analgésie prolongée doit être réalisée par un vétérinaire."  
L'article 5 impose que ces personnes ont reçu une information et des instructions ; et des cours de formation doivent être organisés, mettant notamment l'accent sur les aspects de bien-être animal.  
Un nouveau rapport européen a paru sur la castration des porcelets :
"Welfare aspects of the castration of piglets", approuvé par l'EFSA le 12-13.7.2004.  
http://www.efsa.europa.eu/en/science/ahaw/ahaw_opinions/512.html
Certains pays ont programmé l'interdiction de la castration des porceletssans anesthésie : la Suisse, la Belgique, des pays
scandinaves.... Cette interdiction oblige à trouver des solutions alternatives.

Raisons invoquées pour la castration :

La qualité de la viande.
Chez le porc la puberté génère des métabolites des hormones mâles qui, lorsque la viande est cuite, émettent une odeur très forte. Certaines personnes ne la perçoivent pas, d'autres la ressentent comme très pénible et trouvent la viande inconsommable. - L'absence de castration obligerait à abattre les porcs plus jeunes, avant la puberté, si on veut éviter  le risque d'odeur. - Or la tendance va plutôt vers des porcs plus lourds.

Critique des raisons invoquées :
  • Chez le sanglier cette odeur  passe.  Le gibier est en droit d'avoir une odeur et un goût 'forts', typés
  • La gène est toute relative : les Britanniques, les Irlandais, (les Espagnols plus ou moins) apparamment l'acceptent.
  • L'odeur se produit à la cuisson ; sur des viandes crues (salaisons...) elle ne se produit pas.
  • Mais l'odeur est aussi influencé par les divers modes de transformation ; dans de nombreux cas elle est atténuée. l'injection de polyphosphates induit le goût ausi sur des femelles.
  • L'odeur ne se produit pas chez tous les porcs, seulement chez un petit nombre.
  • Le problème se produit à la puberté : abattre les porcs plus jeunes, à < 100kg de poids vif, limite fortement le problème.
Solutions

a) renoncer à la castration des porcs :

ce serait la solution idéale qu'il faudra, à terme, atteindre. 

  • En l'état actuel des choses, cela obligerait à abattre les porcs plus jeunes. Ceci peut donner un sens dans certains cas, lorsque le bien-être des animaux est particulièrement élevé durant la vie de l'animal. C'est le cas dans  l'élevage entièrement en plein air de Eric Simon. 
  • L'information ciblée de la clientèle permet de faire encore mieux. L'association suisse KAGfreiland qui est à la pointe du bien-être animal, expérimente et  fait la promotion de viande issue de jeunes verrats.
Mais globalement c'est aussi un gaspillage de vie animale de tuer les porcs plus jeunes, à un poids inférieur  : pour le même poids en viande il faudra en définitive un plus grand nombre d'animaux à faire naître, à engraisser, à tuer ; davantage de truies qui mettent bas (le plus souvent dans des conditions d'immobilisation épouvantables) 

  • Une solution encore théorique serait de trier les spermatozoïdes et de n'utiliser que ceux qui donneront naissance à des porcelets femelles.
  • Une solution serait d'obtenir par la sélection des souches de porcs qui n'auraient pas, ou au moins à un moindre dégré, cette odeur désagréble.
  • Par l'alimentation cette odeur se laisserait éventuellement réduire 
  • Les techniques de transformation peuvent  la maîtriser  en partie
  • Une litière propre, évitant aux animaux d'être dans les excréments, la réduirait aussi
  • Une technique qui est au point consiste à injecter  une première dose et un rappel d'un anticorps qui induit  une immunisation contre l'hormone mâle. (Attention ! pas que l'éleveur se pique par mégarde !) Cette technique est déjà utilisée en Australie p.ex. Mais on peut douter si le consommateur  européen l'acceptera....  il reste des questions à poser.
  • une technique particulièrement prometteuse est le dépistage de l'odeur par un nez électronique.
On peut penser que le problème pourra être résolu par une combinaison de plusieurs stratégies.
Si on garde des animaux  intacts, non castrés, il faut par une bonne gestion des groupes, et par un environnement diversifié, structuré, et suffisamment spacieux, prévenir d'éventuels dégâts par des bagarres entre animaux.

b) agir contre la douleur :

c'est une exigence morale, en attendant l'abandon de la castration 

  • anesthésie générale et analgésie postopératoire : c'est la solution acceptable qu'il faut, à terme, atteindre. Des recherches sont en cours.
  • anesthésie locale : c'est la solution immédiatement pratiquable par tout le monde, en attendant soit l'abandon de la castration, soit l'anesthésie générale.
  • analgésie postopératoire : les chiens et chats y ont droit, pourquoi pas les porcelets ?

Informations :

Evaluation et prévention de la douleur induite
par les interventions de convenance chez le porcelet
Armelle PRUNIER, Magali HAY, Jacques SERVIÈRE, 2002
www.rennes.inra.fr/umrvp/jrp/2002/02txtSspeciale/spb0204.pdf



La pauvre porcelet vacillant est de retour chez sa mère.  Elle l'inspecte.  (Au moins, celui-là a bénéficié d'une anesthésie locale ... et il vit avec sa mère sur paille)

Viande et charcuterie de verrats : ça marche !

Expérimentation de Kagfreiland
source H-G Kessler
voir porcs
et  http://www.kagfreiland.ch/

Un programme suisse "pour le porc" (Pro-Schwein) 

Il s'agit du développement d’un système d’engraissement des porcs respectueux des animaux et conforme au marché en renonçant à la castration sans élimination de la douleur.
en français :
http://www.shl.bfh.ch/index.




Castration des porcelets : l'anesthésie locale est utile

Ici, il s'agit du protocole d'anesthésie locale décrit par Armelle Prunier (INRA).
Dans le meilleur cas, elle supprime toute douleur, le porcelet ne réagit pas.  Plus on prend son temps pour injecter soigneusement et doucement, mieux ça marche, et moins ça fait mal ! Et il faut acquérir le bon 'coup de main'. Aussi faut-il, pour tous les porcelets, attendre le temps qu'il faut pour que le produit diffuse. Alors l'efficacité  vaut bien le désagrément de l'injection, surtout que l'anesthésie locale agit pendant un certain temps, environ 2 heures, ce qui aura comme effet d'atténuer la sensibilisation des cellules nerveuses à la douleur. La  mémoire de la douleur sera diminuée. Le traumatisme subi sera moindre.

On entend toujours dire : le porcelet crie de toute façon dès qu'il est maintenu.  C'est faux !
On n'a qu'à essayer...  on prend les porcelets, doucement, confortablement, avec précaution et caresses, dans les bras.... ils ne crient pas !  Mais il faut prendre son temps, voilà - et cela permet de réduire le traumatisme psychique.
Or d'habitude, la manipulation par l'éleveur ou son salarié est rude : parce qu'il faut faire vite, et vite, et encore vite.

Par contre à  chaque moment où se fait une intervention douloureuse, le porcelet crie :
- injection du fer, rapidement (distension du tissu musculaire), avec une grosse aiguille (usée), et probablement le produit pique (à entendre les cris....)
-  tatouage dans l'oreille : c'est rapide mais ça fait mal
- et castration....
- et certains désinfectants brûlent....  
La réaction à la douleur se reconnait parfaitement. Les cris qui accompagnent les tentatives de se libérer d'une position inconfortable ont une autre fonction.

Certes, la séparation de la mère est en soi source de stress et de peur, mais cette peur est terriblement exacerbée par la forte douleur de l'intervention. Une grosse frayeur, ou un accident réel, décidément, ce n'est pas la même chose - pour nous comme pour l'animal. Mais les deux laissent des traces dans le cerveau.

D'ailleurs, certains porcelets se battent pour échapper, d'autres s'abandonnent, paralysés par la peur.

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Autres interventions douloureuses courantes

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Blessures et maladies : exemples


La maladie de la vache folle avait ceci de bon : des bovins blessés étaient obligatoirement euthanasiés à la ferme, et indemnisés. Par peur de l'ESB, on a épargné à ces animaux le transport douloureux  vers un abattoir, l'attente de la mise à mort, et d'éventuelles brutalités.  Il a fallu l'ESB, avec des indemnités à la clé, pour y arriver ! C'est une honte pour les professions à la fois vétérinaires et agricoles. Aujourd'hui l'incidence de la maladie de la vache folle a diminué, il n'y a plus d'indemnités pour des animaux accidentés.  Le résultat est que les agriculteurs sont à nouveau tentés d'envoyer les animaux souffrants à l'abattoir, en espérant que tout ne soit pas saisi à l'occasion du contrôle vétérinaire des carcasses.

L'euthanasie coûte environ 62 €
, le déplacement du vétérinaire compris.

L'Oeuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoir est prêt à prendre en charge des euthanasies - moyen le plus efficace pour éviter, dans l'urgence, des souffrances.

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