Respecter les besoins comportementaux


c'est accorder à l'animal un environnement riche, diversifié, adapté à l'espèce.

mouvement repos alimentation soins corporels interactions sociales
voir ensemble et heureux
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Notions générales :

Respecter le comportement naturel de l'animal en élevage, c'est lui permettre 
  • d'exprimer son programme comportemental caractéristique de l'espèce 
  • d'explorer, interagir, apprendre, 
  • de choisir avec une certaine autonomie entre différentes possibilités
  • de vivre une vie sociale, avec des congénères, porteuse d'émotions positives et rassurantes,
  • d'être encadré et canalisé par la prévoyance, la réactivité, et l'affection, de l'éleveur, afin de lui éviter dommages, frustrations, et stress chronique.
Le comportement est fortement lié aux besoins physiologiques et à la santé.
Le comportement est motivé et accompagné par des émotions.  Le comportement est l'expression visible de ce qui se passe dans le cerveau de l'animal.
Chaque animal est un individu avec un tempérament et une intelligence qui lui sont personnels.
Nos animaux d'élevage sont des animaux sociaux,. La présence de congénères est essentielle. Assurer le respect d'une structure sociale naturelle et harmonieuse est particulièrement difficile et particulièrement gratifiant. L'homme y trouve toute sa place.

Comportement animal : les grands repères



  Le mouvement : bouger est essentiel pour une bonne santé ! 

Naturellement, la plupart des espèces se déplacent durant des heures,
tous les jours, parfois sur de longues distances, pour trouver la nourriture dont elles ont besoin. Leur corps est adapté à ces déplacements dans l'habitat naturel de l'espèce : prairie (usure normale des onglons et sabots), marécage (porcs), forêts (poules).....
Des animaux qui ont été entravés, 'se défoulent' lorsqu'ils sont lâchés : c'est la preuve qu'un réel besoin de courir s'est accumulé (exemple des veaux ; idem des vaches qui sortent après l'hiver).
Courrir par jeu, par plaisir, correspond aussi au besoin de l'animal de se maintenir en forme et entraîné à courir. Car en cas de danger il doit pouvoir courir pour sa vie.  
Par ailleurs l'animal (comme l'homme) a aussi l'instinct d'économiser ses forces, donc de ne pas se fatiguer inutilement.
Rester immobile, sur place, induit des bouleversements au niveau des forces qui s'exercent dans les articulations et notamment les pieds (sabots, onglons, griffes...), ce qui favorise des anomalies, des lésions, des inflammations. L'inactivité induit aussi un manque de développement musculaire, avec faiblesse, fatigabilité, fragilité. Les appareils cardiovasculaires et respiratoires manquent d'entraînement à l'effort et s'adaptent mal au stress. Même l'appareil urinaire peut souffrir (infections urinaires des truies). La défense immunitaire est affaiblie, la fertilité est compromise (vaches laitières). Sans parler, en fin de vie, de la souffrance d'un long transport dans un camion cahotant qui sollicite des muscles jamais préparés à pareil effort.
Les élevages industriels ou autrement peu respectueux des animaux (cela existe en élevage traditionnel !) cherchent à faire bouger les animaux le moins possible. Il y a plusieurs raisons à cela :

  • L'immobilité réduit la dépense énergétique, ce qui revient à économiser l'aliment. L'aliment sera converti en prise de poids, pas en mouvement 'inutile'. La performance de l'élevage consiste à obtenir un indice de consommation (c'est le poids de l'aliment consommé par rapport au poids produit sous forme de viande ou d'oeufs) aussi élevé que possible. La limitation des mouvements avec quasi-impossibilité de la marche peut s'obtenir par la réduction de l'espace disponible et par la grande densité des animaux, ainsi que par leur immobilisation en cage ou par l'attache, ou par l'obscurité. Toutefois faut-il garder assez de lumière pour activer la consommation d'aliment.
  • La réduction des surfaces réduit aussi les coûts du bâtiment. Autrefois les animaux étaient mal logés en raison d'une pauvreté partagée entre hommes et animaux, mais aussi par ignorance de leurs besoins.
  • L'immobilisation des animaux représente la solution la plus facile pour l'éleveur : il n'a pas à faire face à des animaux qui bougent, et il organise l'évacuation des excréments comme il l'entend. Aujourd'hui les animaux sont logés en fonction de l'automatisation des systèmes.

La vie d'une truie dite "conventionnelle" (le système industriel dominant) passe sa vie entre deux barrières où elle ne peut ni marcher ni même se retourner.

Le besoin de mouvement doit être respecté de deux manières :
  • par un système de stabulation qui apporte
    • suffisamment de surface . - La surface minimmale doit assurer le confort des animaux, et la possibilité d'exécuter les déplacements normaux selon l'espèce : p.ex. pour les veaux : faire des cabrioles ; pour les lapins :  faire des sauts ; pour les poules : marcher, courir, battre des ailes ; et. Si on définit la surface nécessaire par rapport à chaque animal (p.ex. 4m² par truie) on arrive à un résultat très différent selon qu'il y a 3 ou 30 truies dans la case. On peut donc judicieusement prendre en compte la surface totale qui reste libre quand tous les animaux sont en place : c'est cette surface libre qui permettra à un animal de courir et de jouer avec un congénère. - C'est là que se révèle l'erreur fondamentale des cages dites enrichies pour poules pondeuses : elles prévoient 600cm² de surface utilisable par poule, ce qui est moins d'une feuille A4, et en conséquence les poules ne peuvent pas se déplacer sans se bousculer et passer l'une sur/sous l'autre, et ne peuvent pas se reposer sans être dérangées par celles qui voudraient passer. 
    • une structure appropriée de l'espace . - Il faut que chaque animal puisse accéder librement aux endroits qui l'intéressent : l'aire de repos, l'alimentation, l'eau, la sorite au plein air.... sans qu'un animal dominant puisse lui barrer le chemin, et sans déranger ceux qui sont occupés à manger, à se reposer, à se gratouiller... (exemple des vaches laitières). - Une stabulation se dit à aires multiples si différents endroits sont réservés à différentes activités, et l'animal se déplace de l'un à l'autre en fonction de son rythme journalier. Il faut donc prévoir ces axes de déplacements dans le bâtiment. - c'est aussi cette structure qui permet de canaliser certains conflits entre animaux : avec une bonne structuration, un animal dominé et poursuivi peut se mettre à l'abri.
    • un sol adapté à l'espèce. - S'il est glissant ou pénible pour les pieds (sols perforés à ouvertures trop grandes, caillebotis en grillages pour les poules....), ou s'il a occasionné des lésions douloureuses aux pieds, alors les animaux éviteront de marcher et hésiteront à effectuer les comportements pour lesquels ils sont pourtant motivés. Frustration et stress chronique s'installent. Idem si les animaux s'enfoncent dans les excréments.
Il est donc important de définir des surfaces minimales par animal en dessous desquelles l'animal ne peut pas se trouver à l'aise. Dans les cahiers des charges les m² sont des éléments clairs et faciles à contrôler. Mais il est tout aussi évident qu'un seuil chiffré en m² n'est pas d'office le seuil du bien-être.
  • par un accès au plein air ; c'est important, car l'espace dans un bâtiment, même généreux, reste toujours limité, et restreint de nombreux comportements.
    • soit accès à un parcours de surface limitée , comme c'est le cas pour une aire d'exercice (bovins) ou un jardin d'hiver (volailles). L'agriculture biologique qui est particulièrement généreuse en surfaces, donne des dimensions minimales obligatoires. 
    • soit par une vie en plein air, où l'animal cherche l'essentiel de son alimentation dehors, au pâturage (pendant la belle saison). 
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 Le repos :  le confort au service de la santé physique et psychique

  Naturellement , les animaux se cherchent l'endroit le plus propice pour se reposer. Cet endroit doit leur apporter la sécurité (prédateurs...) et la tranquillité (congénères...), mais aussi permettre le rapprochement entre animaux sociaux et le choix de partenaires privilégiés. Cet endroit devrait bénéficier d'une ambiance agréable (température, vitesse de l'air, humidité, isolation...) et contribuer à la régulation thermique (porcs). Il doit, en fonction des espèces, permettre une position naturelle, confortable (perchoirs.pour certaines volailles ; mammifères : pouvoir dormir les jambes allongées) et le support doit s'adapter confortablement à la forme du corps (litière, terre, herbe...) et ne pas causer de blessures. Les animaux savent choisir l'endroit qui leur convient ! Mais le choix qui leur est proposé n'est pas toujours génial...
Les bâtiments d'élevage répondent en général à certains besoins, notamment la sécurité envers les prédateurs. Mais ils peuvent être inadaptés pour d'autres critères. Un excès d'inconfort avec un sol dur, inapropprié, peut se traduire en irritations superficielles de la peau, puis en inflammations plus profondes, et en blessures ouvertes. Le manque de place, la trop grande densité, et des erreurs d'aménagement peuvent générer un stress avec des conséquences redoutables sur l'état général et la productivité, avec à l'extrême du cannibalisme. C'est clairement le cas pour les volailles et les porcs. Mais dans certains pays et systèmes il est même devenu courant de couper les queues des bovins (taurillons) : le manque de place a comme conséquence des nécroses de la queue, probablement parce que les animaux couchés se font marcher sur la queue par les autres.- La qualité de la litière est un élément essentiel pour l'état des griffes des volailles, et sa dégradation génère des souffrances considérables (pododermatites). - Pour certaines espèces (bovins notamment) les actions de se coucher et de se relever sont une séquence de mouvements délicats : un sol glissant (bovins) rend l'appui instable et dissuade les animaux de se coucher et relever à des rythmes normaux.
Dans certaines productions, l'éclairage est entièrement artificiel et l'alternance entre périodes claires (plus ou moins...) et obscures est déconnectée du jour naturel (tel le programme lumineux pour la production d'oeufs). Des programmes lumineux stimulent les volailles de chair à passer le plus de temps possible à manger.  Aujourd'hui les directives européennes imposent une certaine période de repos.
Le besoin de repos doit être respecté en réservant une aire de repos spécifique, où tous les animaux peuvent se reposer en même temps, dans une position confortable, et sans être dérangés.
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Tout est faux dans la cage dite aménagée !

Mouvement, alimentation, repos, soins corporels, nids...  rien ne fonctionne comme il faut.

photo © Eckard Wendt / AGfaN e.V.

Les perchoirs sont inadaptés. Celles qui veulent se reposer peuvent être piquées par les autres. Celles qui sont actives sont gênées dans leurs déplacements.
Le tapis en plastique n'est pas un substrat approprié : ni pour gratter, ni pour prendre un bain de poussière.


photo © Ingrid Wendt / AGfaN e.V.

L'espace est encombré par les autres poules - il n'y a pas de cheminement libre.



La poule ne peut pas picorer ni gratter.
Le grillage est inconfortable. 


photo © Eckard Wendt / AGfaN e.V.

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 L'alimentation : le respect du comportement fait partie d'une alimentation saine  

Naturellement
, la recherche de nourriture est la principale occupation de l'animal : 1/3 de l'activité journalière pour la poule, 85 % pour le porc en liberté, 8 heures de pâturage pour la vache. Les gestes et mouvements caractéristiques correspondent à un besoin comportemental particulièrement fort. Porcs : fouiller dans la terre, explorer. Poules : picorer, aussi saisir et tirer sur des objets. Veaux : besoin de succion, besoin de ruminer. Cheval : arracher et mâcher l'herbe. Ensuite il peut y avoir une position typique naturelle : pour la vache qui pâture, c'est la position de marche, une jambe antérieure devant l'autre, qui permet de confortablement atteindre l'herbe au sol avec la bouche. Les congénères ont aussi toute leur importance. En règle générale, l'alimentation respecte un rythme journalier, et elle est synchrone, c'est-à-dire tous les animaux mangent en même temps. Ils respectent une certaine distance entre eux - sinon il peut y avoir concurrence et agressivité notamment chez le porc. Mais une poule par exemple peut aussi communiquer aux autres lorsqu'elle a trouvé un bon morceau, et le coq invite la poule pour lui montrer sa trouvaille. Les jeunes animaux apprennent auprès de la mère ce qui est bon à manger : les graines à picorer pour le poussin, les herbes à choisir pour le veau.

En résumé, l'alimentation naturelle
  • occupe un temps (plutôt long) dans la journée, avec un certain rythme,
  • implique certains mouvements et certaines positions,
  • s'intègre dans un contexte social, avec le plus souvent synchronicité, une régulation de la compétition alimentaire, et un apprentissage social.
Il s'agit donc d'un ensemble de comportements à fortes composantes innées, avec des motivations fortes. C'est un besoin essentiel des animaux d'exprimer ces comportements programmés selon l'espèce.
L'alimentation industrielle ou autrement peu respectueuse des animaux résulte de recherches sophistiquées qui visent le meilleur compromis entre couverture des besoins, performances, prix de la matière première, et maîtrise de la morbitidé et mortalité. L'aliment industriel engendre beaucoup de problèmes de santé auprès des animaux. On essaie de les résoudre par une formulation plus pertinente des aliments, voire par des additifs, qu'il s'agisse de prévenir des carences ou d'équilibrer la flore d'un système digestif malmené par l'hyperproductivité.

La thèse défendue ici est la suivante :

Le non respect des besoins comportementaux liés à l'alimentation prive l'animal des satisfactions normales, entraîne du stress et des comportements anormaux, et favorise des pathologies.

Quelques exemples :
espèce ou catégorie comportements naturels alimentation de type industriel troubles comportementaux problèmes de santé
veau, surtout  veaux de boucherie - têtée aupès de la mère, d'abord 10 fois/jour, puis réduction progressive
- têtée avec la tête vers le haut
- succion normale avec satiété normale
- dès les premières semaines, la rumination se met en place
- apprentissage social
- privation de tétée auprès de la mère
- selon le système seulement 2 repas/jour
- privation de foin et d'herbe
- privation de rumination

-parfois privation d'eau (ce qui est interdit) pour que la soif lui fasse boire plus de lacto-remplaceur
- pas de satiété/satisfaction normale
- mouvements stéréotypés de la langue
- léchage des installations
- téter sur d'autres veaux (risque de boire de l'urine, ou - pour les veaux d'élevage - d'abîmer les mamelles des jeunes génisses)
- problèmes digestifs infectieux,
- ulcère de la caillette,
- anémie par privation volontaire de fer
- baisse de l'immunité
- maladies respiratoires
Alimentation trop riche ; des hépato-
protecteurs sont donnés
poules pondeuses
- le 1/3 de l'activité journalière, par périodes d'activité, surtout matin et fin d'après-midi
-  gratter
- picorer
- manipuler des objets (saisir, tirer...)
- l'extrémité du  bec comporte un organe sensoriel très innervé)
- apprentissage social (le poussin apprend de sa mère)
en cages batteries: privation de tout ce répertoire comportemental

dans tout système intensif, privation :
- d'une diversité alimentaire et
- du choix  de l'aliment par l'animal
- alimentation végétarienne avec d'éventuelles carences
- rythme et durée des repas dépendent du système automatique d'alimentation
picage

Le débecquage est pratiqué pour prévenir le picage, résultat :
- des terminaisons nerveuses douloureuses
- une gêne pour manger normalement
- empêchement de mouvements alimentaires normaux


risque de déséquilibre alimentaire

conséquences du picage sur l'emplumage
(perte de calories)

risque de cannibalisme
mortalité
volailles divers l'alimentation naturelle comporte la recherche de nourriture animale : vers, insectes, petits vertébrés (souris..), cadavres interdiction des farines animales  Carences, entraînant des troubles du comportement alimentaire, favorisant picage et cannibalisme Carences,
fragilité 
porcelets durée d'allaitement naturelle 10-12 semaines sevrage à 3-4 semaines, le plus souvent aidé par des antibiotiques stress, frustration
massage du ventre d'autres porcelets
fragilité aux infections multifactorielles, notamment digestives
truies

porcs à l'engrais
- la recherche de nourriture prend la majorité du temps actif
- mouvements d'exploration et de fouille par le groin qui est richement innervé par des récepteurs tactiles
- alimentation très diversifiée, riche en fibres, et comportant des protéines animales dont chasse de petits mammifères, cadavres
- aliment industriel concentré avalé en l'espace de quelques minutes
- manque de substrat pour des activités alimentaires (manipulation de matériau adapté)
- manque de diversité
- manque de fibres
- risque de carences et de surcharges
- rationnement

- faim et frustration  
- stéréotypies :  mâcher les barreaux, mouvements de langue,
- cannibalisme

 -fragilité digestive
- stress
- cannibalisme, -
- morbidité et mortalité

Et voici encore quelques éléments
:

Les vaches laitières fortes productrices sont nourries par des concentrés riches, qui poussent à l'extrême limite les capacités de digestion du rumen. Tout déséquilibre de la ration entraîne des troubles métaboliques et favorise les aptohologies classiques les plus fréquentes : mammites et boiteries. La sortie au pâturage apporte à la santé des vaches un bienfait évident et réconnu.

L'interdiction des farines animales a posé de gros problèmes pour les volailles : fientes humides et qualité de la litière vu la densité épouvantable des animaux dans les hangars, qualité du gras au niveau des carcasses, surcoût, soja OGM.  Ces problèmes sont en partie résolus par les acides aminés de synthèse. Ils sont plus dificiles à règler en agriculture bio où ces acides aminés sont interdits.

Chez les poules pondeuses le picage qui consiste à arracher des plumes de congénères - trouble du comportement très répandu -  est une perturbation du comportement alimentaire. Elle est due à un mauvais apprentissage du comportement alimentaire par le poussin, à une frustration par manque de substrats, et à des stress divers.

Un cas particulièrement grave est la privation d'eau fraîche pour obliger les animaux lorsqu'ils ont soif, à ingérer un aliment liquide riche en nutriments. Cela se pratique pour les veaux et pour les porcs .

Vu sous l'angle du respect du comportement naturel, tout gavage (canards et oies) viole le comportement alimentaire naturel. Le gavage viole aussi le métabolisme. En effet, cette surcharge alimentaire extrême pousse les voies métaboliques au-delà des limites normales et au-delà des capacités de compensation normales, pour obtenir un organe jusqu'à 10 fois plus lourd que la normale. L'animal essaie de réguler ce métabolisme par des halètements intenses, sans y arriver, puisque la poursuite du gavage le mène à la pré-agonie, avec des nécroses du foie (foie invendable), puis à la mort.

Les cycles lumineux artificiels violent aussi le rythme biologique de l'animal : réduction de la période obscure, accélération des cycles lumière-obscurité..... toujours dans le but de faire manger et produire un maximum. C'est le cas pour les volailles qui ont une 'vie' très courte - aucun organisme ne peut supporter cela longtemps.

Ces quelques exemples ont pu montrer combien le respect du comportement animal fait partie intégrante d'une alimentation saine.

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Soins corporels : pour être bien dans sa peau, l'animal a besoin d'espace, et d'une certaine liberté dans un environnement  diversifié

Naturellement, l'animal prend soin de son corps par diverses activités. Prenons les bovins : ils s'étirent, ils se lèchent, se grattent, se frottent, en utilisant la langue, les cornes, les onglons.  "Etre bien dans sa peau !" C'est de cela qu'il s'agit. Quel bienfait de sentir un soleil d'automne sur la peau ! une pluie d'orage en plein été ! Le fait de pouvoir choisir où se mettre, en fonction de la température, du soleil, et de la vitesse du vent, fait aussi partie de ce bien-être ressenti à travers la peau. L'état de la peau et des poils renseigne d'ailleurs sur l'état général de l'animal.
Pour les porcs se rajoute le besoin bien spécifique à l'espèce de réguler la température du corps. Les porcs n'ont pas de glandes sudoripares. Pour des températures au-delà de 18° ils fréquentent des bauges et évacuent la chaleur par évaporation. Après la bauge ils aiment bien se frotter la peau. Lorsqu'il fait froid, ils se réchauffent en se blotissant l'un contre l'autre.
Les poules   ont toute une série de comportements de soins corporels : elles étirent les ailes et la nuque en baillant. Elles se nettoient avec le bec et les griffes et frottent la tête contre le corps, elles se baignent dans le sable ou la poussière et se secouent. Le bain de sable a comme fonction de se débarasser des excès de graisses du plumage et de réduire les ectoparasites. L'état du plumage renseigne sur le niveau de confort et l'expression du comportement naturel. - Les dindes ont aussi ce comportement de bain de poussière : elles creusent un trou dans le sable et se lancent la poussière dans les plumes. A l'aide du bec elles se 'peignent' les plumes. Mais cela suppose des membres sains pour une mobilité normale. Or les dindes à croissance rapide peuvent atteindre un surpoids du muscle pectoral tel qu'il leur fait perdre l'équilibre.
Dans l'élevage peu respectueux des besoins des animaux (qu'il soit industriel ou traditionnel), l'animal ne peut pas assurer ces soins de son corps. Soit l'animal est prisonnier de la saleté et des excréments, par exiguité ou manque d'hygiène. Ou il ne peut pas exécuter les mouvements élémentaires parce qu'il est entravé voire même handicapé (dindes). Pour les bovins un autre obstacle majeur est le sol glissant : comment se gratter debout sur trois pattes, si les pieds dérapent ? Pour les poules en cage, c'est d'abord le manque d'espace : elles ne peuvent même pas s'étirer. Par ailleurs le substrat manque très souvent: un bain de poussière étant impossible en cage, la poule effectue des amorces sans succès de ce comportement.

Le fait que l'animal ne cherche plus à effectuer ces comportements fondamentaux de soins corporels est un signe grave de mal-être, de stress profond, de maladie. L'animal s'abandonne.

Le besoin de prendre soin de son corps doit être respecté , en accordant à l'animal une liberté de mouvement, du confort, de l'hygiène, un environnement enrichi, des matériaux adaptés.
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