Ethique du réalisme :
à chaque métier sa responsabilité
L'éthique du réalisme se trouve face à deux barrières :
  • la barrière de l'économique 
  • la barrière des "mentalités".
Mais les deux offrent des marges de manoeuvre, et peuvent évoluer à terme.
Une réussite concrète pour le bien-être animal représente aussi un réel plaisir pour tous ceux qui contribuent et participent.
 
chercheur

distributeur








consommateur

- être végétarien ?

- lait, oeufs, et végétarisme  (être cohérent  !)
d'après kagfreiland


Le travail de l'élu




Le travail dans l'administration






L'éthique de la vérité
apporte des repères et des objectifs. Elle renonce à l'ignorance, au mensonge, à la manipulation.
La vérité éthique dit les choses comme elles sont. A propos des animaux, elle parle de plaisir, de confiance, de jeu, d'attachement, comme elle parle de douleur, de peur, de désoeuvrement, de souffrance sociale.

L'éthique du réalisme met en oeuvre des comportements qui améliorent les situations pour faire aussi bien que possible.

Un premier pas c'est de ne pas nuire :  ne  pas faire obstacle au bien-être animal, ne pas mentir et manipuler, ne pas pénaliser, décourager, marginaliser les éleveurs qui le pratiquent : ce serait déjà beaucoup.

Tous ceux qui professionnellement ne risquent rien pourraient être plus courageux et s'engager pour le bien des animaux, et notamment soutenir ceux qui engagent leur emploi et leur revenu.

Le travail en élevage

Le métier  d'éleveur : 

- une brutalité banalisée
- une sensibilité peu encouragée

Il y a un grand nombre de systèmes d'élevage et de mentalités d'éleveurs.

Il y a surtout une génération d'éleveurs techniciens, qui maîtrisent bien les systèmes intensifs performants, de manière sanitairement correcte, tout en ayant  une grande distance émotionnelle par rapport aux animaux.

Il y a les éleveurs "à l'ancienne" qui peuvent exprimer une grande sensibilité et une communicatrion fine avec les animaux, mais aussi une brutalité à l'ancienne et une profonde ignorance des besoins et des souffrances de leurs animaux.

Il y a ceux qui pour diverses raisons ont fait le pas vers l'élevage dit alternatif, en plein air, ou biologique, et qui en sont plus ou moins heureux, et plus ou moins inquiets pour leur avenir.  - Nombreux sont aussi ceux qui croient bien faire mais qui gardent des pratiques de brutalité banalisée (castration, écornage, déchirure du lien social, exportation d'animaux vivants...).

Il  y a tous ceux qui auraient du coeur et du bon sens, mais qui n'ont d'un point de vue économique pas d'alternative à ce qu'ils font (quitte à arrêter l'élevage). - Quelques uns innovent et créent, un nouveau système, un nouveau débouché, une nouvelle filière. Ils sont rares.

Jamais l'élevage industriel n'aurait pu s'enfoncer comme il l'a fait dans l'abrutissement, si la cruauté et l'exploitation de l'animal n'avaient pas pré-existé (autrement) dans les systèmes anciens.  

Enjeux éthiques envers l'animal


Sources d'information et de formation :


Sont-elles indépendantes des intérêts économiques des filières industrielles ? Quelle est leur motivation en matière de bien-être animal ?  
Y a-t-il une recherche autonome d'un autre point de vue, d'une expertise alternative ?

Soins aux animaux  :
  • qualité du travail (compétence, régularité, fiabilité, hygiène... )
  • gentillesse, douceur, communication avec les animaux
  • plaisir à être avec des animaux qui ont une certaine liberté  : liberté envers les congénères, liberté de venir à la rencontre de l'homme, liberté pour bouger, pour choisir  le confort, la température, la lumière....
  • présence d'une infirmerie,
  • appel au vétérinaire,
  • au besoin soins antalgiques (au lieu de laisser souffrir en prétextant l'absence de résidus de médicaments lors d'un éventuel abattage) ;  
  • en cas de souffrance, euthanasie sur place  (au lieu de forcer le transport d'un animal qui n'est pas transportable respectivement seulement aux prix de souffrances (p.ex. vache avec fracture, porcs ne pouvant pas marcher....) ; 
  • prévenir  les situations de détresse et accidents, par une bonne forme physique (mobilité) des animaux et  un environnement adapté,
  • veiller à ce que la mise bas se fasse dans des conditions confortables  (litière, liberté de mouvement, espace... )
  • ne pas séparer des animaux qui montrent une affinité entre eux
  • ne pas vendre des animaux vers des destinations inconnues et des destinations douteuses quant au bien-être à en attendre (élevages intensifs, exportation....) ; l'idéal serait d'accompagner l'animal de la naissance jusqu'à l'abattoir. 
Choix d'un système et d'une filière

Y a-t-il une volonté d'utiliser toutes les opportunités et outils disponibles pour choisir le bien-être ? 

Le travail dans la recherche

Le métier de chercheur

La dignité de la recherche se situe au niveau de son utilité sociale.
La  pauvreté de la recherche de l'INRA et des Instituts Techniques POUR le  bien-être animal est  frappante. L'orientation de la recherche est une question politique : le gouvernement a une responsabilité immense.
Mais c'est aussi une question de déontologie des chercheurs.

Financements et intérêts

Or  on demande à la recherche de faire de la recherche appliquée et de construire des partenariats avec l'industrie pour monter des financements et pour développer des produits. Ainsi la recherche en productions animales s'enfonce dans les logiques industrielles et financières de l'agro-alimentaire.

En effet, le premier souci d'un chercheur est de trouver des financements. Hélas, les animaux eux-mêmes - pourtant les premiers concernés  - ne peuvent pas en donner.  Leurs défenseurs, les associations de protection animale, (co)financent certes quelques travaux d'avant-garde dans d'autres pays européens : des gouttes d'eau dans la mer.

Une déontologie à construire

L'Europe finance.  
Est-ce que les chercheurs français parlent toujours de la même manière du bien-être animal devant des collègues européens,  que devant des acteurs français ?  Est-ce que certains ne parleraient pas plutôt "pour" le bien-être devant les premiers, et plutôt "contre" devant les seconds ?

Les filières financent.
Espérons que le choc sera salutaire : "stopgavage" a publié un livre sur le financement par la filière du foie gras, de travaux de recherche de l'INRA qui servent à contrer des vélléités européennes d'interdire la production de foie gras pour des raison de protection animale (comme l'ont fait  récemment la Pologne, Israël, la Californie...)

L'INRA au secours du foie gras
Enquête sur une expertise publique
sous contrôle de l'industrie

Antoine Comiti, avec la collaboration d'Estiva Reus
Éditions Sentience, paru en novembre 2006, 270 pages

Un comportement décent envers l'animal

La société est en droit d'attendre  de la part d'un scientifique un comportement éthique envers l'animal  - encore plus que de la part d'un agriculteur qui après tout est moins formé et vit dans des conditions plus rudes. La viande sur pied a aussi un cerveau sur pied ! 
Ainsi déjà le fait de mettre un animal dans une cage individuelle (qu'il s'agisse d'une poule, d'une dinde, d'une truie, d'un veau, d'une chèvre...) est incompatible avec une recherche décente...

Responsabilité morale quant aux objectifs et aux conséquences du projet de recherche

Il n'y a pas de science neutre sans responsabilité morale. La "vérité" scientifique est toujours positionnée, interprêtée, et présentée aux acteurs économiques d'une certaine façon subjective et/ou intéressée. Le choix d'une approche éthique est toujours possible.

Ethique de vérité et méthodologie

La méthodologie scientifique en productions animales consiste à poser  une "problématique" et à isoler un nombre limité de facteurs qui seront étudiés (mesurés) selon les règles du jeu.

Or le bien-être et la santé sont des réalités éminemment multifactorielles. Isoler dans une sorte de bulle quelques facteurs sortis du contexte donnera un résultat  juste à l'intérieur de la bulle, mais passera probablement à côté de la vérité qui est globale et complexe.

"Une des caractéristiques majeures des systèmes complexes, c'est qu'ils ne peuvent s'étudier que de manière globale. Découper en morceaux un système complexe dans l'espoir de comprendre indépendamment le comportement de chacune de ses parties et de reconstituer ensuite le tout est une entreprise vouée à l'échec."
Hervé P. Zwirn : les Systèmes complexes. Mathématiques et biologie. 2006. p.9




Le travail dans la distribution

Les distributeurs se comportent en Ponce Pilate

Ils font comme si c'était la foule des consommateurs qui veut qu'on maltraite et exploite les animaux. La volonté d'un peuple qui ne "regarde que le prix" ! Et pourtant c'est la distribution qui tient en main toutes les ficelles du pouvoir. 

Croient-ils dans leur propre langue de bois ?

Leur "qualité", leurs  stratégies de l'"origine", leur "développement durable", leurs biocides, leurs maltraitances 'premier prix', leur malbouffe, leur superflu, leur made in China....
Peut-on jouer à la fois à la Mère Nourricière et au Père Noël du peuple, et se défiler dès que surgit une responsabilité morale envers les animaux d'élevage ?
Peut-on autant communiquer sur les aliments, sans le moindre souci d'information et de pédagogie quant aux conséquences des choix d'achat ?

Que savent les distributeurs du bien-être animal ? 

Sur le vécu des animaux, et la vérité des coûts, notamment dans les systèmes alternatifs ?
Qui prennent-ils au sérieux ? A qui accordent-ils quelque peu de leur précieux temps ?  
Est-ce que les commerciaux  des systèmes industriels ne détiennent  pas trop souvent le monopole de l'"information"?

Un programme exemplaire : Coop Naturaplan

Le programme du 2ème distributeur suisse Coop a construit un programme remarquable sur le bien-être animal. Une partie est en agriculture biologique (emballage vert), une partie est 'bien-être animal' (emballage bleu), notamment le programme sur les porcs, qui fournit la presque totalité des ventes de porc.

voir  http://www.coop.ch/naturaplan/


Une autre hypothèse : des personnes qui détiennent du pouvoir  se comporteraient à la hauteur de leurs responsabilités...

Pourquoi les hommes et les femmes de la distribution seraient-ils plus mauvais et méchants que les autres ? Sans doute ni plus ni moins....
Peut-on combattre pour ce qu'il a d'odieux, un système aussi puissant et performant que la grande distribution, uniquement de l'extérieur ? Ne faut-il pas un mouvement de réforme de l'intérieur? Une prise de conscience de l'immense responsabilité sociale qu'elle détient ?

Soit la grande distribution se moralise, soit la société casse.
Le potentiel est immense - dans le mauvais sens comme dans le bon.

La grande distribution est actuellement la seule instance suffisammment forte pour devenir un contre-pouvoir face à la forteresse du productivisme agricole. Quels seront ses choix ?

Quelques principes d'éthique :

- choisir et promouvoir des produits "bien-être" , à tous les niveaux :  local, régional, national, international

- accueillir une production de proximité (même de petits volumes) de bonne qualité 'bien-être' , 'environnement', et 'social'.

- appliquer des marges éthiques, c'st-à-dire favoriser et ne pas pénaliser des produits éthiques

- informer, former, motiver, les acheteurs, directeurs, chefs de rayon et vendeurs - informer, former, instruire  le consommateur 

- pratiquer une transparence des prix
Les choix du consommateur
Faut-il être végétarien pour aller au bout d'une éthique crédible envers l'animal ?

Peut-on concilier amour des animaux et consommation de viande ? Comment choisir ce qu'on achète ?
voir  
qualité du bien-être animal  (qualité éthique)      et   information du consommateur     


Etre végétarien :

fondements et limites

arguments  POUR  une éthique végétarienne

arguments CONTRE une éthique végétarienne, 

et POUR soutenir les meilleurs éleveurs

MOINS de viande

et MIEUX 

voir aussi
qualité du bien-être animal              
(qualité éthique))
Cela permet de ne pas être complice de la souffrance et de la mort des animaux d'élevage. Comment nourrir les carnivores domestiques ??

La consommation de viande par des espèces carnivores est prévue par la nature,
idem la nature prévoit une très forte mortalité des jeunes animaux dans la plupart des espèces  
et dans la nature, les animaux ne deviennent pas vieux  (du moins c'est rare ! ).
Chacun peut se trouver les arguments qui le rassurent dans ses choix.
Il faut bien trouver ce difficile équilibre entre les objectifs de
 - vouloir vivre
 - manger pour vivre  (sans gaspiller)
 - vivre heureux : hommes et animaux
Il faudra donc dans tous les cas
- économiser les vies, ne pas les gâcher, gaspiller, détruire
- et laisser vivre heureux  le plus longtemps possible
-  traiter les animaux de manière équitable, avec respect et reconnaissance, comme des amis (mortels comme nous), pas comme des esclaves.
Avec quelques pourcents de plus de végétariens, un nombre significatif d'animaux peut être épargnés.

C'est pourquoi défendre les animaux d'élevage, c'est promouvoir le végétarisme, à la maison, dans les cantines et restaurants.
Le végétarisme par essence n'apporte aucun soutien économique à des modes d'élevage alternatifs, plus respectueux des animaux. Le message final devient alors celui-ci : ceux qui aiment les animaux, de toute façon n'en mangent pas. Donc ceux qui en mangent ne s'intéressent pas aux animaux vivants mais au prix, donc il faut produire au prix le plus bas.
En quelque sorte, les végétariens abandonnent les animaux à leur sort puisqu'ils se désintéressent des importantes différences qui existent entre systèmes d'élevage. Seul l'animal qui n'est pas élevé, donc qui n'existe pas, les intéresse.
Dans les restaurants ou cantines, l'enjeu devient le menu végétarien. Mais personne ne demande que la viande servie provienne d'élevages en plein air (par exemple).
Manifestement, les deux principes énoncés ci-dessus sont légitimes.
L'approche devra donc être double :
- augmenter le nombre de repas végétariens
-  contribuer à une réorientation radicale des méthodes d'élevage.

Il ne faudra pas nécessairement du "tout-végétarien", mais un recentrage des menus sur des ingrédients autres que la viande.
Il faudra aussi se battre pour une information précise sur les conditions d'élevage, permettant de faire les bons choix.
Bons élevages ?
Rarissimes !!
Même les élevages relativement bons, comme certains label rouge et la bio, posent encore des problèmes de bien-être.
Les éleveurs qui  font tout pour avoir des animaux vraiment heureux, semblent aussi rares que les justes à Sodom et Gomorrhe.....
Les végétariens abandonnent les meilleurs éleveurs : ceux qui essaient réellement de laisser  leurs animaux vivre une bonnne vie. Ils ne sont pas encouragés d'utilliser l'argument du bien-être animal pour vendre.

Le résultat est un réel découragement, notamment lorsque les associations de protection des animaux refusent d'honorer et de soutenir des éleveurs qui peinent à survivre avec une production en bien-être de haut niveau.
Une priorité forte devra être accordée  à l'amélioration du bien-être :
-  l'information pertinente sur les conditions d'élevage,
- l'accompagnement et  la formation des éleveurs,
-  et le soutien par des prix rémunérateurs.
Ne pas manger de viande est bon pour la santé. Il y a le risque que des croyances en matière de santé, loin  d'être démontrées, prennent le dessus. Le végétarisme devient un amalgame d'idées "santé" avec un vague dégoût, et ressemble davantage à un obsession de "pureté" qu'à une démarche éthique. Il faudra admettre que les humains sont divers. L'équipement métabolique et microbiologique est  spécifique à chacun. Certains auront davantage besoin et envie de viande que d'autres.
Cependant il y a tout intérêt à réorienter  la notion de "pureté" vers la seule pureté qui a réellement un  sens : celui du respect, de la sensibilité, de la reconnaissance, et celui du rejet de la méchanceté, cruauté, brutalité, stupidité.
Consommer des produits laitiers et des oeufs ne tue pas d'animaux. En effet, le lait et les oeufs ne soulèvent pas ce dégoût de consommer quelque chose qui a vécu.
Pourtant, pour une exploitation laitière, environ le tiers du revenu provient de la production de viande : vaches de réforme, génisses, veaux....
Pratiquement toutes les poules pondeuses sont abattues après une seule période de ponte. la valeur marchande des poules de réforme est dérisore. En ce qui concerne les poussins destinés à la ponte, tous les poussins mâles sont tués peu après l'éclosion.
D'après les calculs de l'association suisse KAGFreiland, ce serait bien la consommation d'oeufs qui impliquerait le moins de production de viande, donc de mort. C'est à retenir !
voir ci-dessous
La production intensive de viande ruine la planète et tue des hommes. L'élevage n'est pas nécessairement néfaste pour les équilibres écologiques. Notamment l'élevage herbager est utile  pour préserver les écosystèmes des prairies en Europe.
La transformation de l'herbe par les animaux herbivores est utile pour l'alimentation des hommes. Elle ne  rentre pas en concurrence avec les besoins alimentaires des humains, contrairement aux animaux nourris aux céréales (porcs et volailles des élevéges industriels).

Le développement durable suppose sans aucun doute une réduction considérable de la consommation de viande.

Cette réflexion intéressante est publiée (en allemand) sur le site de l'association suisse kagfreiland :
 
http://www.kagfreiland.ch/a_geniessen/GSP_fleischlos1.shtml

La traduction ainsi que les commentaires dans les annotations en fin d'article sont rédigées par Anne Vonesch.

Plutôt végétarien tout de suite ?

Les végétariens consomment aussi des produits d’origine animale.

Vous ne mangez pas de viande ? Bienvenue dans notre association ! Notre travail d’information a fait réfléchir beaucoup de nos membres sur leur consommation de viande. Certains l’ont réduite, quelques uns même à zéro. Mais est-ce que les problèmes des animaux d’élevage sont résolus si l’on renonce à la viande ?

Voici deux réflexions :

- seulement 1% de la population ne mange pas de viande du tout (végétariens). Surtout si vous êtes végétarien, nous vous demandons de nous aider activement – pour que les animaux qui sont consommés par les autres 99% puissent au moins avoir une bonne vie et ne doivent pas souffrir longtemps, avant leur mort.

- environ 99% de tous les végétariens consomment des œufs et du lait, respectivement des produits laitiers. Pour ces productions, les animaux sont aussi tués, et les vaches et les poules aussi ne sont, la plupart du temps, pas élevées dans le respect de leurs besoins.

Combien de viande pour un litre de lait ? 

Pour qu’une vache donne régulièrement du lait, elle doit mettre bas d’un veau chaque année[1]. La vache ne produit pas son lait pour faire plaisir au paysan…. Sans veau pas de lait. Combien de viande de vache, de veau[2] et de gros bovin[3] est générée par votre consommation annuelle de lait ?

Production de lait en Suisse 2000

 

Cheptel laitier, moyenne

714 000 animaux

Production moyenne par vache

5 470kg

Total de la production de lait

3 871 000 000 litres

Consommation de lait par personne en Suisse 1999

 

Lait, yaourt

 100kg

Fromage, beurre, crème

323kg

Produits laitiers, total

423kg

Nombre d’habitants 2000

7 206 000 personnes

Consommation totale de lait*

3 048 000 000kg

* différence entre production et consommation : lait donné aux veaux, export de

fromage etc.  Source : « Die Schweizer Landwirtschaft in Zahlen, 2001/02 LID, Bern

 

Conclusion : Celui qui consomme 420kg de lait/produits laitiers par an, devrait manger 3,6kg de viande de vache et soit 3,7kg de viande de veau soit 8   kg de viande de gros bovin.[4]

  • Les indications ci-dessus correspondent à la part de viande qui est en relation directe avec la production laitière.
  • Plus la production de lait d’une vache est élevée, moins il y a de viande à consommer. Mais des vaches hautement productives sont aussi par tendance plus fragiles et doivent être davantage traitées aux antibiotiques[5].
  • Par vache et par an on compte avec 0,9 veaux. Un quart des veaux nés sert au renouvellement, les trois quarts restants servent à la production de viande de veau ou de bœuf.
  • Les veaux de boucherie atteignent 4-5 mois pour un poids d’environ 180kg. Après l’abattage il reste d’un veau de 180kg environ 70-75kg de viande. La plupart des restes est incinérée comme déchet, en raison du risque d’ESB.
  • Sur les exploitations labellisés par ‘kagfreiland’ les bovins atteignent 18 à 24 mois, sur les exploitations conventionnelles seulement 13 à 15 mois.[6] De 450kg de poids vif du bovin restent environ 150 à 160kg de viande. 

La relation entre œufs et viande de volaille

Les poules pondeuses – aussi chez kagfreiland – sont aujourd’hui en règle générale déjà abattues à l’âge de 18 mois. Il n’est pas rentable de les garder plus longtemps. Certes, après une pause elles pondent à nouveau des œufs. Mais ces oeufs seraient trop gros pour les emballages usuels et  seraient, pour cette raison, difficiles à commercialiser. Donc la production d’une vie de poule est d’environ 300 œufs (durée de ponte en général 12 mois, rarement jusqu’à 14 mois, début de ponte vers 20 semaines). Calculez combien de viande de volaille est générée par votre consommation annuelle d’œufs. Au niveau du calcul ci-dessous certains facteurs ont été simplifiés ou négligés. Le but est une évaluation grossière de l’ordre de grandeur. Tous les chiffres sont arrondis.

Production d’œufs en Suisse 2000                              

 

Cheptel poules pondeuses (moyenne)

2 038 000 animaux

Production par poule (moyenne)

317 oeufs

Total de la production d’oeufs

650 000 000 oeufs

Consommation d’œufs par personne en Suisse 2000

 

Consommation d’œufs totale

 1 330 000 000 oeufs

de production suisse (48,8%)

650 000 000 oeufs

Œufs d’importation (51,2%)

680 000 000 oeufs

Nombre d’habitants 2000

7 206 000 personnes

Consommation moyenne d’œufs par personne

185 oeufs

Conclusion : celui qui consomme 185 œufs[7] par an, devrait manger chaque année 1kg de poule au pot et 1 kg de jeune coq[8].

  • Le poids à l’abattage d’une poule pondeuses (dite ‘poule au pot’) est d’environ 1,4kg. Avec une consommation de 185 oeufs nous consommons 2/3 de la production de la vie d’une poule. Donc des consommateurs d’œufs devraient manger en moyenne 1 kg de poule au pot par an (ou environ 500g de viande de poule sans os).
  • Pour pouvoir remplacer les poules pondeuses chaque année, il faut élever autant de femelles. A l’éclosion il y a 50% de poussins mâles. Ceux-là sont détruits au premier jour de leur vie, parce qu’ils ne pondent pas d’œufs et qu’ils sont issus d’une sélection pour la performance de ponte et ne fournissent pas aussi rapidement de la viande que les poulets de chair sélectionnés pour la prise de poids.
  • Chez ‘kagfreiland’ des poussins mâles sont engraissés en plein air abattus en tant que ‘jeunes coqs’* à l’âge de 13 à 14 semaines (poids vif à l’abattage environ 1,8kg, ce qui signifie 1,1 à 1,2kg de viande). D’où un ‘devoir’ de consommer aussi un petit kg de jeune coq par an (ou 500g de viande de jeune coq sans os). 

*La consommation de poulet de chair ne doit pas être comptabilisée ici, puisque cette viande n’est pas un co-produit de la production d’œufs, mais provient d’un engraissement spécialisé.

Notes par Anne Vonesch :

[1] C’est certes le rythme naturel, saisonnier. C’est aussi la  règle imposée par les contraintes technico-économiques pour une productivité maximale (désaisonnée) : à savoir une sélection des vaches pour un pic de lactation de plus en plus élevé, et un tarissement brutal avant la naissance du veau suivant. Il serait parfaitement imaginable de faire autrement : de sélectionner les vaches en faveur d’une lactation prolongée, de retarder le tarissement, de faire naître moins de veaux, et de remplacer les vielles vaches par les jeunes à un rythme beaucoup plus lent… Mais ce n’est pas ce qui intéresse une recherche productiviste ! La nouvelle PAC aggrave la situation, puisque le prix du lait va encore chuter, les producteurs doivent encore et toujours comprimer les coûts de production, les exploitations seront encore plus grandes. A nous de faire comprendre aux technocrates de Bruxelles que leurs statistiques d’économie laitière passent à côté de la réalité et des besoins du vivant.

[2]  En UE, les veaux mâles de vache laitière, sous-produits ‘ramassés’ dans les fermes en tant que veaux dits de 8 jours, fournissent l’essentiel du veau de boucherie industriel.

[3]  Le terme ‘bœuf’ est utilisé dans un sens large pour désigner la viande de gros bovin, alors que le sens précis de la catégorie ‘bœuf’ est un mâle castré, issu le plus souvent d’une croissance lente à l’herbe.

[4]   Il convient de rappeler que la consommation de viande bovine de race à viande, issue du troupeau allaitant, n’a rien à voir dans ce bilan de la production laitière. Par contre il y a des animaux croisés, nés de vaches laitières.

[5]  La limitation des traitements antibiotiques est une demande largement reprise dans l’opinion, à juste titre. Cependant cette légitimité est parfois dangereusement mal comprise, et il faut faire la part des choses. C’est en effet grâce aux antibiotiques qu’il a été possible d’introduire, dans les campagnes, l’élevage concentrationnaire d’un grand nombre d’animaux entassés en claustration. C’est condamnable. Par contre les antibiotiques sont aussi, et bien souvent, irremplaçables pour soigner, soulager, et sauver, des animaux malades. Il ne s’agit surtout pas de vouloir les remplacer par des traitements dits alternatifs plus ou moins fantaisistes et inefficaces.

[6]  Les poids et les modes d’élevage varient selon les pays et les filières.

[7]  Cette quantité parait plutôt faible. Vu la très haute valeur nutritionnelle de l’œuf pour un prix tout de même (ridiculement !) bas, vu aussi les études qui affirment notamment le peu de risque artériel (sujet contradictoire) lié aux lipides de l’œuf pour des personnes non prédisposées, la consommation d’œufs (issus de bons élevages alternatifs) peut être une alternative particulièrement intéressante pour éliminer les repas carnés issus d’une production de masse.

[8]  Cette réflexion juste et légitime est pour le moment théorique, parce que l’engraissement de coqs de souche ponte est une pratique tout à fait exceptionnelle et ne peut pas espérer devenir tant soit peu rentable tant que les sélectionneurs ne s’intéressent pas à produire des souches mixtes ponte et chair.



Le travail de l'élu
Attention à la langue de bois !

- rechercher une information indépendante
- reconnaître l'enjeu du bien-être animal pour la société en général et l'avenir de l'agriculture en particulier
-  saisir les outils qui se présentent pour faire le bien

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